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Emploi: ces pays qui cherchent à recruter des Français

En République Tchèque, en Allemagne ou en Autriche, le taux de chômage est au plus bas. Au point que ces pays n'hésitent pas à faire appel à des candidats étrangers pour répondre à leurs besoins de recrutement.

Pour trouver du travail, plutôt que de traverser la rue, comme le conseille Emmanuel Macron, on peut aussi traverser les frontières. Car dans de nombreux pays, le problème du chômage a été réglé et les besoins sont massifs.

La Tchéquie est ainsi prête à accueillir les candidats français. Ce pays d'Europe de l'Est affiche le taux de chômage le plus faible de l'Union européenne (2,3%, selon les données harmonisées par Eurostat). Près de 250.000 emplois y sont vacants. L'Ambassade de France en République tchèque a donc pris la décision d'organiser un tour de France pour faire découvrir aux jeunes Français ouverts à l'expatriation les opportunités qui s'offrent à eux. La maîtrise du Tchèque n'est pas obligatoire, des formations linguistiques pourront être financées. Quels sont les profils recherchés? Des professionnels de la finance et des assurances, mais aussi dans l'informatique et les services.

A Berlin, la police cherche des Européens

En Europe toujours, l'Allemagne fait elle aussi appel aux compétences des Français. La police berlinoise veut ouvrir davantage ses portes aux citoyens européens, qui ne sont quelques dizaines dans ses effectifs. Elle a besoin de gros besoin de recrutement. Elle va devoir embaucher plusieurs milliers de policiers d'ici à 2028. Inutile d'avoir le bac pour intégrer l'école de police. L'équivalent du BEPC suffit. Qu'ils soient français, belges ou italiens, les candidats bénéficieront de cours d'allemand dans les instituts Goethe avant leur intégration. La formation, qui dure deux ans et demi, est rémunérée.

L'Allemagne est aussi à la recherche de professionnels ayant quelques notions d'allemand pour travailler dans l'industrie, l'hôtellerie et la restauration, ou encore la construction et le transport routier. Les moins de 35 ans peuvent tenter leur expatriation grâce à des stages en entreprises, conçus comme une période d'essai améliorée qui doit permettre une insertion professionnelle durable.

L'Autriche cherche elle aussi des travailleurs motivés pour assurer la prochaine saison de sport d'hiver dans la vallée de l'ötzal, dans le Tyrol. Les professionnels du tourisme (vente, accueil, animation), de l'hôtellerie (personnel d'étage, réception…) et de restauration (cuisine, service…) peuvent déposer leur candidature. Des notions d'allemand sont demandées. 

Le Canada, une valeur sure

Pour éviter la barrière de la langue, il est aussi possible de partir pour un pays francophone. L'appétence du Québec pour les profils français (qui le lui rendent bien) n'est pas nouvelle. Depuis plus de dix ans, le Canada met en œuvre une nouvelle politique en matière d’immigration, favorisant le recrutement de francophones hors Québec. Parmi les profils recherchés: cuisiniers, mécaniciens, coiffeurs, soudeurs, machinistes… Grace à un partenariat avec Pole Emploi, les candidats se voient accompagnés dans leurs démarches. L'office franco-Québécois pour la jeunesse (OFQJ) œuvre également pour permettre aux moins de 35 ans d'avoir une expérience dans le pays.

La Suisse est aussi une terre d'accueil pour de nombreux travailleurs étrangers : près d'un tiers de la population active est étrangère. Le pays est à la recherche de professionnels qualifiés dans le secteur de la banque, l'assurance, mais aussi la santé, l'hôtellerie restauration ou encore la métallurgie. Avantage : les salaires sont 30 à 50% plus élevés qu’en France. Mais le coût de la vie est élevé. De nombreux travailleurs français préfèrent vivre en France et traverser la frontière tous les jours.

Coralie Cathelinais