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Code du travail: la colère de Philippe Martinez

À la sortie d'une réunion à Matignon, le leader de la CGT a appelé les salariés à réagir contre "la casse du code du travail", que préparerait le gouvernement.

Philippe Martinez a appelé ce lundi les salariés à "réagir" à la "casse du code du travail" envisagée, selon lui, par le gouvernement.

"Ils ont décidé de casser le code du travail, qu'il y ait moins de droits pour les salariés, il faut que les salariés réagissent", a déclaré le leader de la CGT devant la presse en sortant d'une rencontre à Matignon avec le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Il a rappelé l'appel de la CGT "à une journée d'action le 12 septembre". Ce mot d'ordre de grève et de manifestations "donne le ton par rapport aux craintes que nous avons de ce que nous avons retenu de nos entretiens avec les services de la ministre" du Travail au cours des six dernières semaines, a-t-il dit.

Le CDI de chantier "va renforcer la précarité"

Comme les autres partenaires sociaux, son syndicat a été reçu six fois par le cabinet de Muriel Pénicaud. La rencontre de lundi a été "l'occasion pour nous de réaffirmer notre opposition à 99% (...) de ce que nous avions entendu durant ces six heures de discussion", a rapporté Philippe Martinez, qui attend désormais le texte des ordonnances pour "y voir plus clair".

Le syndicaliste estime notamment que "la place de la branche" professionnelle "n'est toujours pas réaffirmée" et qu'à l'avenir, "l'accord d'entreprise remplacera le contrat de travail".

"Pour des salariés, très concrètement, qui refuseront une augmentation du temps de travail ou une diminution de salaire prévue dans un accord d'entreprise, ce sera le licenciement", anticipe-t-il.

Concernant le futur barème des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, "le juge ne pourra plus statuer en fonction de la situation réelle du salarié", déplore-t-il.

Sur le "CDI de chantier", que le gouvernement veut étendre au-delà du secteur de la construction, "ça va renforcer la précarité", juge-t-il, tout en appelant à "plutôt légiférer sur la diminution du recours à l'intérim".

Y.D. avec AFP