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CGT: Thierry Lepaon de plus en plus isolé

Les appels à la démission de Thierry Lepaon se multiplient à mesure qu'approche la date du comité confédéral national, seule instance habilité à réclamer la révocation du numéro un de la centrale.

Les appels à la démission de Thierry Lepaon se multiplient à mesure qu'approche la date du comité confédéral national, seule instance habilité à réclamer la révocation du numéro un de la centrale. - THOMAS SAMSON - AFP

Après trois importantes fédérations de la CGT, son ancien dirigeant, Louis Viannet, réclame la démission de Thierry Lepaon. Certains militants menacent aussi de cesser de payer leur cotisation.

L'étau se resserre autour de Thierry Lepaon. L'avenir du numéro un de la CGT est toujours suspendu aux décisions de la Direction de sa centrale. Mardi 6 et mercredi 7 janvier, la Commission exécutive de la Centrale se réunit pour discuter de son cas. Puis le 13 janvier, ce sera au tour du Comité confédéral national, seule instance habilitée à révoquer le secrétaire général. Mais déjà ces derniers jours, ses pairs se désolidarisent. 

Lundi, l'ancien dirigeant du syndicat, Louis Viannet a ainsi appelé Thierry Lepaon à démissionner, l'accusant de "confondre détermination et entêtement". Un désaveu de plus pour celui dont la position semble de plus en plus difficile à tenir. 

Mais peu importe les pressions, le successeur de Bernard Thibault ne compte pas lâcher son poste. Il s'accroche à un argument: s'il part, la guerre des chefs repartira de plus belle et déstabilisera encore un peu plus la centrale, toujours premier syndicat de France.

Des affaires qui discréditent le syndicat

Cette stratégie peut-elle payer? En tous cas, plus de la moitié des fédérations demandent sa démission et pas des moindres. Celle de la Fonction publique, la plus importante au sein de la centrale, a réclamé son départ en décembre. Celles de la Santé et de la construction ont aussi fait défection. 

Parce ce qu'à leurs yeux, les affaires de Thierry Lepaon discréditent toute l'action du syndicat. Ces affaires, pour rappel, concernent la rénovation du logement de fonction du leader de la centrale, et de son bureau, à des coûts jugés excessif: respectivement 105.000 et 62.000 euros. D'autres révélations sur l'indemnité de départ qu'il avait touché en quittant la CGT Normandie, de 31.000 euros, avait encore attisé la polémique.

Les militants demandent des actes 

Les militants aussi demandent à leurs représentants d'agir. Certains menacent même de ne plus payer de cotisations. Quand bien même ces financements ne sont pas les principales ressources de la centrale, le message est fort.

Du côté des cadres de la direction, certains ont saisi l'occasion pour lâcher leur secrétaire général, en mauvaise posture depuis le début de son mandat.

Seul espoir peut-être, pour Thierry Lepaon: certaines fédérations voudraient calmer le jeu et seraient favorable à une direction collégiale. Une solution temporaire en attendant le prochain congrès, prévu pour 2016.

Isabelle Gollentz avec N.G.