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Lepaon: "On n'investit pas 105.000 euros dans un appartement en location"

Le leader de la CGT a reconnu une "faute concernant le montant des travaux", mais expliqué qu'il n'avait pas supervisé cette affaire lui-même.

Le leader de la CGT a reconnu une "faute concernant le montant des travaux", mais expliqué qu'il n'avait pas supervisé cette affaire lui-même. - BFMTV

Le secrétaire général de la CGT a donné sa version de faits après la polémique sur le coût des travaux de son appartement de fonction ce 5 novembre sur BFMTV-RMC.

Au cœur de la polémique depuis les révélations du Canard Enchaîné, Thierry Lepaon s'est expliqué, ce 5 novembre, sur RMC-BFMTV. Le hebdomadaire dénonçait dans son édition du 29 octobre le montant des travaux de réfection de l'appartement du leader de la centrale fonction à Vincennes, payé par la CGT.

"J'habite en Normandie moi, je suis Normand. Ma famille est restée en Normandie. Je suis venu ici dans le cadre de mes fonctions, et la confédération a mis à ma disposition un logement de fonction. Vincennes, je sais qu'ici c'est extrêmement connoté. Mais lorsqu'on habite Caen, Lille ou Grenoble, cela n'est qu'un quartier", explique-t-il.

La presse indiquait que cet appartement faisait 120 mètres carrés. "La vérité, c'est qu'il en fait 79, c'est un logement de 3 pièces, dans lequel il y a eu 105.000 euros de travaux effectués". Le loyer est de 2.000 euros, payés par la confédération, précise-t-il encore.

On ne m'a jamais proposé de cave à vin

"Moi j'ai visité l'appartement avant les travaux. Je comprends que le propriétaire dise qu'il était habitable. Aucun propriétaire ne dirait qu'il loue un bien qui n'est pas habitable. Mais il fallait vraiment faire des travaux importants".

Lui n'a pas réclamé quoi que ce soit de précis, assure-t-il. Il a simplement exprimé le vœu de "vivre dans un appartement correct". Et contrairement à ce qu'affirmaient les journaux, on ne lui aurait "jamais proposé de cave à vin ou de home cinéma"

Le montant des travaux, "ça me paraît beaucoup", a admis Thierry Lepaon. C'est pourquoi il a "demandé une enquête sur la nature et le montant des travaux".

Un problème de fonctionnement interne à la CGT

Il nie en revanche avoir commis une faute "s'il faut que je contrôle tout ce qui se passe, je ne suis plus secrétaire général de la CGT, je deviens contrôleur en chef!". "Cela pose un problème de fonctionnement interne à la CGT: l'administrateur a en charge l'ensemble de ces responsabilités, sans que ce soit débattu collectivement".

Si faute il y a, donc, sa responsabilité doit être endossée par "la CGT", a estimé Thierry Lepaon. "On n'investit pas 105.000 euros dans un appartement qui est en location". Supposant que les décisions avaient dû être prises dans l'urgence, il reconnait qu'à "la CGT, nous ne sommes pas doués pour l'immobilier".

Il a encore jugé "choquant" le montant des travaux et indiquant comprendre que les membres de la CGT et le public soient "choqués". Thierry Lepaon s'est enfin dit "affecté" par la polémique et a confirmé qu'il enverrait un courrier à tous les syndiqués de la CGT "pour leur expliquer la vérité". 

N.G.