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CGT: l’avenir de Thierry Lepaon toujours incertain

Thierry Lepaon est actuellement à la manoeuvre pour conserver son poste, après des révélations sur son train de vie.

Thierry Lepaon est actuellement à la manoeuvre pour conserver son poste, après des révélations sur son train de vie. - Bertrand Guay - AFP

Le secrétaire général de l’organisation syndicale va tenter de convaincre la direction élargie de la centrale, mardi 10 décembre. Et ce alors que de nouvelles révélations viennent un peu plus affaiblir le dirigeant.

Privilégier la stabilité et ainsi éviter une nouvelle crise de succession. Voilà peut-être le meilleur argument de Thierry Lepaon, qui manœuvre actuellement pour conserver son poste à la tête de la CGT. Après avoir refusé vendredi de démissionner malgré les révélations sur son train de vie, le numéro un de la confédération va en effet tenter de convaincre la direction élargie de la centrale de choisir le statu quo.

Les 56 membres de la Commission exécutive vont ainsi se retrouver mardi matin pour entendre le plaidoyer du dirigeant sur ses faux pas: dépenses coûteuses dans son appartement de fonction, dans son bureau et ses indemnités (31.000 euros) lors de son départ de la CGT Basse-Normandie. Des faits, révélés par la presse, qui ont mis la centrale en ébullition et suscité l'indignation des militants et des cadres.

Nouvelle révélation sur les indemnités de Lepaon

L’actuel secrétaire général, dont le mandat se termine en 2016, a promis à la Commission exécutive mardi "la transparence complète" sur l'ensemble de ces sujets. Un rapport financier doit être présenté et des propositions seront avancées pour "améliorer les procédures financières dans la CGT".

Mais les membres de la direction seront saisis d'une nouvelle révélation, cette fois de l'hebdomadaire Marianne, selon lequel l'indemnité perçue par Thierry Lepaon de la part de la CGT Basse-Normandie serait une pratique secrète en cours à la CGT "depuis plus de 20 ans". Il s'agirait en effet de compléter la retraite de certains militants du privé ayant subi des périodes de chômage.

Possible convocation du "parlement" de la CGT

Devant le bureau confédéral (exécutif resserré de dix membres) vendredi dernier, le dirigeant syndical avait refusé d'évoquer sa démission. Il avait convaincu une partie de ses pairs - malgré une forte opposition de quatre membres - de ne pas envenimer la situation.

Ainsi, le bureau n'a pas demandé la convocation du "parlement" de la CGT (Comité confédéral national, CCN), seule instance à pouvoir révoquer le numéro un. Le sujet reste cependant sur la table: les 56 membres de la commission exécutive pourront soit convoquer le "parlement", soit se contenter d'une réunion des dirigeants dans un cadre plus informel, avant le 16 décembre.

Malgré tout, la crainte d'une nouvelle crise hante une centrale qui porte encore les stigmates de la bataille de succession de Bernard Thibault en 2012. Cette crise avait alors été dénouée par la désignation en mars 2013 d'un candidat par défaut, un certain Thierry Lepaon.

Y.D. avec AFP