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CGT: et si la ligne dure de Philippe Martinez profitait à la CFDT?

"Le leader de la CGT a choisi de batailler ferme depuis plusieurs mois pour obtenir le retrait de la loi Travail. Pour les syndicats réformistes, cette stratégie ne sera pas payante car la CGT perd des plumes aux élections professionnelles."

Philippe Martinez adopte-t-il la bonne stratégie? Avec ses postures radicales, le secrétaire général de la CGT ne convainc pas et le syndicat qu'il dirige perd du terrain. C'est en tous cas ce qu'affirment l'ensemble des syndicats réformistes. Leurs responsables ont en effet scruté de près les résultats des élections professionnelles qui se sont tenues ces trois derniers mois dans les entreprises. Et leur constat est unanime: le début de la mobilisation autour du débat sur la loi Travail, la CGT perd des voix, dans le public comme dans le privé.

Un leadership menacé

Chez Pôle emploi par exemple, où les salariés se sont exprimés dans la quasi totalité des régions, la CGT n'a recueilli que 10,8% des voix. Elle est même à la limite de perdre sa représentativité, selon un responsable syndical. Autre exemple: chez Adecco, le leader de l'intérim, qui emploie plus de 100.000 salariés, la CGT fait face à une chute de 8 points. Et à chaque fois, elle perd des plumes au profit des syndicats réformistes, l'Unsa ou la CFDT.

Par ailleurs son leadership s'amenuise dans ses bastions historiques que sont La Poste, la SNCF ou la RATP. D'ailleurs Philippe Martinez a lui-même reconnu en avril dernier qu'en 2017 la CFDT risquait bien de détrôner la CGT comme premier syndicat de France, lors de la prochaine mesure de la représentativité. Au dernier pointage, en 2013, seulement 300.000 électeurs séparaient les deux syndicats. De quoi, peut-être, convaincre le leader de la CGT de trouver une porte de sortie sur la loi Travail.

Caroline Morisseau avec J.M.