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CGPME : "Sécuriser l’entreprise, car c’est elle qui crée des emplois"

Jean-François Roubaud, président de la CGPME, reste confiant sur un accord sur l'emploi, malgré les points encoreen discussion.

Jean-François Roubaud, président de la CGPME, reste confiant sur un accord sur l'emploi, malgré les points encoreen discussion. - -

Les négociations sur l’emploi se déroulent ce jeudi 10 janvier entre syndicats et patronats. Un accord est encore possible selon Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, interrogé par BFMBusiness.

Les négociations sur la sécurisation de l’emploi et la compétitivité ont repris pour une dernière session, ce jeudi 10 janvier. Et Laurence Parisot a prévenu, jeudi matin : "il n’y aura pas de négociations de nuit (…) j’espère qu’on bouclera d’ici ce soir". Faute de quoi le gouvernement interviendra avec une loi en février.

Mais l’accord est encore loin entre les syndicats et les patronats. La question de la taxation des CDD notamment fait débat. Jean-François Roubaud, président de la Confédération Générale du Patronat des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), proteste contre un ultimatum de la part des syndicats, alors que ces derniers dénoncent un recours excessif aux CDD.

Interrogée ce jeudi matin sur BFMBusiness, Jean-François Roubaud reconnaît que les CDD de moins d’un mois sont nombreux. Entre 2000 et 2010, leur nombre a doublé, à 12,4 millions. Mais le président du syndicat patronal des PME explique qu'ils sont "essentiels" pour les petites entreprises. Il s’agit souvent de CDD de remplacement, par exemple si un chauffeur-livreur est malade, ou d’extras dans certains secteurs, comme l’hôtellerie-restauration.

CDI plus souples et fin des seuils

Sécuriser l’emploi pour le salarié ? Oui, mais aussi "sécuriser l’entreprise, parce que c’est elle qui crée des emplois", réplique Jean-François Roubaud. Le dirigeant plaide pour un "assouplissement" du CDI et des conditions de licenciement. "Si la question du licenciement vous bloque, vous n’allez pas embaucher", poursuit-il.

Le président de la CGPME souhaite également la fin des seuils pour les entreprises. Ces dernières doivent, en effet,mettre en place de nouvelles structures au-delà d’un certain nombre de salariés. Jean-François Roubaud vise notamment le seuil au-delà de 50 salariés, cap que de nombreuses PME sont réticentes à franchir.

Selon le rapport Attali de 2008, "le passage de 49 à 50 salariés entraîne l'application de 34 réglementations supplémentaires, dont le coût représente 4% de la masse salariale". Le patron de la CGPME reconnaît toutefois que ces solutions ne sont que "de l’emplâtre sur une jambe de bois", "seule la croissance économique va créer de l’emploi".

Audrey Dufour