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Bernard Thibault : " les licenciements d'aujourd'hui ne font pas les emplois de demain"

Bernard Thibault va quitter la CGT au printemps prochain

Bernard Thibault va quitter la CGT au printemps prochain - -

Invité ce vendredi 28 décembre de BFMTV et RMC, le leader de la CGT a annoncé la mobilisation de son syndicat dès janvier contre un accord entre partenaires sociaux prévoyant davantage de flexibilité.

Hausse du chômage et hausse du CAC40 :"deux indices révélateurs des éléments qui expliquent la crise", selon Bernard Thibault. "D'un côté, record de chômage et dans le même temps la valeur financière des entreprises françaises du CAC40 franchit un record", a-t-il estimé, ce vendredi, sur BFMTV et RMC. "La rentabilité financière prend le pas sur l'emploi", a ajouté le secrétaire général de la CGT qui doit laisser son fauteuil au printemps prochain.

Au lendemain de l'annonce d'une nouvelle hausse du chômage, il a mis en doute la promesse présidentielle d'inverser la courbe à la fin de 2013. " Il n'y a pas d'élément dans la politique gouvernementale qui laisse entrevoir qu'on va inverser cette courbe". Bernard Thibault estime d'ailleur entre 6 et 7 millions le nombre de personnes "qui n'ont pas aujourd'hui les moyens de vivre décemment de leur travail".

Toujours concernant la politique en matière d'emploi, Bernard Thibault a critiqué une nouvelle fois la décision du gouvernement d'accorder 20 milliards d'euros d'allégement aux entreprises via le futur crédit d'impôt compétitivité. " Il faut renforcer les moyens de contrôle des salariés" sur l'utilisation de ce crédit, a-t-il rappelé. "L'Etat doit s'appuyer sur les représentants du personnel".

A propos des négociations sur l'emploi qui vont reprendre le 10 janvier, le patron de la CGT a réaffirmé que son syndicat ne signerait aucun accord favorisant la flexibilité et la dérèglementation. " "Cela fait 25 ans qu'on accorde plus de flexibilité (..) Les licenciements d'ajourd'hui ne font pas les emplois de demain", a-t-il lancé en référence au souhait du Medef d'obtenir des aménagements au droit du travail. "Dans les jours qui viennent, nous allons être mobilisés contre un accord", a-t-il prévenu.

Patrick Coquidé