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Attentats: la sécurité privée de plus en plus sollicitée

Au lendemain des attentats de Paris, la demande d'officiers de sécurité ne peut que difficilement être satisfaite.

Au lendemain des attentats de Paris, la demande d'officiers de sécurité ne peut que difficilement être satisfaite. - Bertrand Guay - AFP

Nombre d'entreprises ont renforcé leurs effectifs de vigiles après les attentats de Paris. Des officiers de sécurité en première ligne sans être armés, et dont les effectifs se révèlent insuffisants.

Parmi les premières victimes des attentats meurtriers de vendredi soir, des vigiles. Les hommes qui assuraient la sécurité à l'entrée du Bataclan vendredi soir fouillaient les sacs des visiteurs. Ils n'ont eu aucune chance face aux trois hommes lourdement armés qui se sont présentés devant les portes de la salle de concert. Au lendemain des attaques, leurs collègues sont sollicités à un niveau encore jamais atteint.

Rien que ce week-end des bataillons de vigiles ont été déployés dans les bureaux de poste des sites sensibles, alors que des postiers du 11ème arrondissement avaient refusé de faire la "tournée", samedi matin. A l'entrée des grands magasins qui ont rouvert ce lundi, ils demandent aux clients d'ouvrir leur veste ou leur sac, mais n'effectuent pas de fouille plus approfondie, puisqu'ils n'y sont pas autorisés. A Paris, de nombreuses entreprises ont fait appel à des vigiles pour les postes d'accueil. C'est par exemple le cas chez PSA Peugeot Citroën, au siège du groupe près des Champs-Elysées, ou dans les showrooms des marques situés sur l'avenue même.

Accélérer le rythme de la formation

"Depuis janvier, nous avons été énormément sollicités. Cela s'était un peu calmé, mais après vendredi, les entreprises ont doublé leurs effectifs de sécurité", souligne Jean-Pierre Tripet, président du syndicat national des entreprises de sécurité, auquel adhère la moitié des 5.000 entreprises du secteur. Un niveau jamais atteint, qui pose problème au secteur dont les rangs ne grossissent pas par la seule force de la volonté.

"Nous avons dû demander aux agents de faire des heures supplémentaires, de travailler 48 heures au lieu de 35. On va leur demander de faire des vacations supplémentaires", indique ainsi Jean-Pierre Tripet, prévenant que "s'ils le feront dans un premier temps, à long terme, les réservoirs s'épuiseront". D'autant que pour devenir vigile, il faut obtenir un diplôme. Donc il faut former de nouveaux effectifs. "Heureusement, la demande en formation est forte", souligne le président du SNES. Mais pour répondre à la demande urgente, les entreprises spécialisées du secteur vont devoir "augmenter le rythme des formations".

Armer les vigiles?

Autre problème, soulevé cette fois par un ancien du GIGN: l'interdiction pour les officiers de sécurité privée d'être armés. "On ne pourra jamais mettre des policiers et des militaires sur tous les sites sensibles, ils sont déjà à saturation sur leur cœur de métier", explique Frédéric Gallois, ancien chef du GIGN. "Il n'y a pas d'autre solution que de faire ce qui se fait déjà dans de nombreux pays: armer une sécurité privée contrôlée par l'Etat, qui puisse offrir au moins une certaine dissuasion face à des attaques de ce type. C'est le cas en Allemagne, aux Etats-Unis, en Suisse, en Israël, où ça se fait depuis des décennies", dit-il.

Certes, grâce à l'effet de surprise, des agresseurs à ce point déterminés pourront éliminer n'importe quel garde posté à n'importe quelle entrée. "Mais il n'y a pas de solution miracle", ajoute Frédéric Gallois. "Si vous ne leur opposez rien, ils vont rentrer comme dans du beurre. Parfois il suffit d'un homme armé, déterminé, entraîné. Il suffit d'une balle. En Israël, des gardes armés seuls ont fait avorter des attaques".

N.G. avec BFM Business et agences