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Assurance chômage: les discussions entre Medef et syndicats se crispent

Le Medef a transmis aux syndicats un projet d'accord sur l'assurance chômage. Ce document doit être discuté lundi 30 mai 2016 lors de la septième et avant-dernière séance de négociation,

Le Medef a transmis aux syndicats un projet d'accord sur l'assurance chômage. Ce document doit être discuté lundi 30 mai 2016 lors de la septième et avant-dernière séance de négociation, - Kenzo Tribouillard-AFP

"Les partenaires sociaux se revoient ce lundi 30 mai pour poursuivre la négociation sur la nouvelle convention d’assurance chômage. Les discussions se crispent sur fond de tension sociale : chacun campe sur ses positions."

Le dialogue social sur la future nouvelle convention chômage pourrait avoir du plomb dans l'aile. Le Medef a transmis, la veille du week-end, vendredi 27 mai 2016, aux syndicats un projet d'accord sur l'assurance chômage, pour la première fois depuis le début des négociations en février.

Ce document patronal doit être discuté ce lundi 30 mai lors de la septième et avant-dernière séance de négociation. Il propose plusieurs pistes pour définir les nouvelles règles de l'assurance chômage, alors que l'actuelle convention prend fin le 1er juillet 2016.

Le texte reprend les propositions avancées aux précédentes séances: baisser la durée des allocations chômage pour les seniors, en repoussant l'âge d'entrée dans la "filière senior" de 50 à 59 ans, sanctionner l'absence de recherche d'emploi, réformer le mode de calcul des indemnisations, etc... Mais il n'évoque pas la question d'une éventuelle hausse des contributions patronales et de la taxation des contrats courts, comme le demandent pourtant unanimement les syndicats.

Pour la CGT et FO, les économies proposées pénalisent les demandeurs d'emploi

Le Medef avait menacé, en avril 2016, de boycotter les négociations sur l'assurance chômage si le gouvernement de modifiait pas le projet de loi travail. Il a finalement choisi de poursuivre la négociation, mais sans bouger sur le fond.

La CGT et FO estiment que toutes les économies suggérées par le patronat seraient faites "uniquement sur le dos des demandeurs d'emploi". Il propose notamment de revoir les modalités de calcul allocations-salaire pour les demandeurs d'emploi qui alternent contrats courts et périodes de chômage: selon un effet pervers du système actuel, certains peuvent en effet gagner "davantage qu'un salarié en CDI à temps plein rémunéré pourtant sur la même base salariale horaire"... soit "travailler moins pour gagner plus", selon le texte. Les modifications que propose le Medef pour y remédier "représenteraient 1,5 milliard d'économies... sur le dos des chômeurs les plus précaires", regrette FO.

L'accord sur l'indemnisation des intermittents sera-t-il signé ?

"C'est très violent pour les demandeurs d'emploi", a réagi Véronique Descacq pour la CFDT, jugeant le texte "très dur à ce stade". "Il faut espérer qu'ils ont des marges de manoeuvre dans la négociation", a-t-elle commenté.

Le texte patronal ne fait pas mention de l'accord de branche des intermittents du spectacle, mais la question devrait aussi être abordée lundi.

Les partenaires sociaux interprofessionnels doivent en effet approuver ou pas l'accord conclu unanimement fin avril dans la profession, sur la base de l'avis du comité d'expert: ce dernier a chiffré l'impact financer des nouvelles règles à une économie comprise entre 84 et 93 millions d'euros, inférieure aux 105 millions demandés au secteur par la lettre de cadrage signée par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.

F.B avec AFP