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Assurance-chômage: comment réduire efficacement les dépenses

Le déficit de l'Unédic est de 4 milliards par an

Le déficit de l'Unédic est de 4 milliards par an - Philippe Huguen-AFP

Les partenaires sociaux ont commencé ce lundi leurs négociations pour réformer les règles d'indemnisation des chômeurs. Le gouvernement espère 800 millions d'euros d'économies par an. Voilà ce qui permettrait de les atteindre.

Depuis quelques semaines, le débat s’est focalisé sur une question: faut-il rendre les allocations-chômage dégressives pour inciter les chômeurs à retrouver un job? 

Mais la question immédiate n’est pas tant de savoir quelles sont les réformes qui favorisent le retour à l’emploi que les réformes qui vont faire économiser 800 millions dès cette année à l’assurance-chômage dont le déficit devrait atteindre 4 milliards d'euros en fin d’année.

Car on l’oublie un peu vite, mais le gouvernement français s’est engagé auprès de Bruxelles à ces 800 millions d’économies. Ce qui lie les partenaires sociaux avant même le début des négociations.

Réformes rentables

Alors quelles sont les réformes qui pourraient faire vraiment économiser rapidement? Pas la dégressivité en tout cas. En revanche, si vous raccourcissez la durée d’indemnisation de 100 jours -elle est actuellement de 730 jours- vous économisez un milliard. Les plus de 50 ans ont droit, eux, à trois années d’indemnisation. En déplaçant le curseur à 55 ans, vous économisez 500 millions.

Autre réforme "rentable": modifier la règle actuelle - un jour cotisé donne droit à un jour indemnisé- vous économisez alors plus d’un milliard selon la Cour des comptes.

Si vous baissez le montant de l’indemnisation, qui est aujourd’hui en moyenne de 57% du dernier salaire brut, vous pouvez encore réduire les dépenses de 1 milliard d'euros. Enfin, si vous taxez davantage les CDD et l’intérim, vous pouvez récupérer jusqu’à 500 millions.

Taxer les CDD

Évidemment, il ne va pas s’agir de choisir une réforme, mais de doser un cocktail de plusieurs en économisant à la marge sur chaque paramètre.

Il y a déjà une quasi-certitude: le patronat ne pourra pas échapper à la taxation accrue des CDD et de l’intérim pour éviter le recours excessif aux contrats courts. Tous les syndicats le réclament. Et en particulier Laurent Berger, le patron de la CFDT, qui en fait une réforme incontournable. Or, si la CFDT ne signe pas, il n’y a pas de nouvelle convention Unedic puisque FO et la CGT ne signeront pas de toute façon.

Et vu que la discussion de la loi El Khomri sur le travail s’annonce sportive à l’Assemblée, le gouvernement a tout intérêt à ce que les partenaires sociaux aboutissent à un accord sur l’assurance-chômage pour ne pas avoir à se battre sur deux fronts en même temps.

P.C