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Affaires Erika, AZF : l'image de Total souffre, pas ses finances

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La compagnie pétrolière française s’est assise sur le banc des accusés pour deux procès en deux jours ces 24 et 25 septembre. Si le groupe s’en tire bien financièrement, son image pâtit grandement de ce calendrier. Mise à jour le 25/09 à 15h01

Ces derniers jours, le nom de Total est davantage prononcé dans les tribunaux que sur les places financières. Deux procès en deux jours pour la major pétrolière. Une filiale du groupe a été condamnée dans celui en appel pour l’explosion de l’usine chimique de Toulouse le 24 septembre. Et ce 25 septembre, la Cour de cassation a confirmé la responsabilité pénale du pétrolier dans le naufrage de l’Erika, et a annulé son exonération de responsabilité civile. Une succession d’affaires qui touche plus la réputation de Total que ses finances.

Sa culpabilité ayant été reconnue à deux reprises, Total a déjà dû payer en tout un peu moins de 2,2 milliards d’euros. Une broutille pour une entreprise dont le bénéfice s’élevait à plus de 5,2 milliards d’euros pour le seul deuxième trimestre 2012.

Deux affaires qui marquent l'opinion publique

Mais ces deux affaires avaient à l’époque fait la Une des médias et particulièrement choqué l’opinion publique. Le naufrage de l’Erika notamment, cargo pétrolier échoué au large des côtes bretonnes, marque encore les esprits près de treize ans après. Ce navire vieux de 25 ans, affrété par le groupe français, avait souillé 400 kilomètres de côtes de la pointe du Finistère à la Charente-Maritime, et mazouté quelque 150 000 oiseaux.

L'avocat général lui-même, représentant de la loi française, avait réclamé l’annulation de la procédure, au motif que la justice française n’était pas compétente pour se prononcer sur un accident intervenu en dehors des eaux territoriales. Mais le juge a estimé que les côtes françaises ayant été souillées, il était légitime que la justice française attaque les responsables de cette pollution. Et la Cour a non seulement validé la première condamnation de Total, mais l'a alourdie en mettant en cause sa responsabilité civile.

Une filiale de Total condamnée pour homicide involontaire

Un verdict aux effets désastreux sur la réputation du groupe, déjà entachée lundi par le jugement rendu dans le procès AZF. Une sous-filiale du groupe a été condamnée à Toulouse pour l’explosion de l’usine de Toulouse, qui avait tué 31 personnes. Outre les deux milliards d'euros d'indemnités au titre de sa responsabilité civile à l'égard des victimes de dommages corporels et des préjudices matériels, de nombreux autres dossiers de dommages et intérêts ont été renvoyés pour un examen complémentaire à une audience le 3 juin 2013.

Ces frais ne sont certes pas à même de peser sur les comptes de Total. Mais la nature de la condamnation de sa filiale, pour homicide involontaire par "négligence ou imprudence", est lourde de conséquence en termes d'image.

Nina Godart et AFP