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Accord sur l'emploi: le Medef met la pression sur le gouvernement

Patrick Bernasconi (au centre), a déclaré à l'AFP que le Medef retirerait sa signature de l'accord sur l'emploi si les députés présentaient une loi Florange.

Patrick Bernasconi (au centre), a déclaré à l'AFP que le Medef retirerait sa signature de l'accord sur l'emploi si les députés présentaient une loi Florange. - -

Le syndicat patronal menace, mardi 5 février, de retirer sa signature de l'accord sur la sécurisation de l'emploi si les députés y incluent la "loi Florange".

L’équation risque de virer au casse-tête pour le gouvernement. Alors que tout semblait bouclé pour transposer dans la loi l’accord du 11 janvier entre les partenaires sociaux, voilà que la situation se complique.

Les députés socialistes ont en effet repris la main sur ledit accord, avec l’intention de l’enrichir d’une "loi Florange", ou l'obligation pour un chef d’entreprise de vendre un site rentable promis à la fermeture.

Evidemment le Medef a très peu goûté cette initiative, et menace maintenant de retirer sa signature de l’accord sur la sécurisation de l’emploi.

Dans un entretien à l’AFP, Patrick Bernasconi, le chef de la délégation patronale, déclare ainsi qu’"obliger un chef d'entreprise à vendre son site serait de nature à nous faire retirer notre signature", car cela reviendrait à "dénaturer l'esprit de l'accord" en écrivant "une chose à un endroit et le contraire à un autre".

La loi Florange, une "illusion" pour le Medef

A y regarder de plus près, ça ne serait pas illogique, tant le gouvernement marche sur des œufs pour ne pas heurter les sensibilités de chacun. Car pour faire valider implicitement l’accord du 11 janvier par sa majorité, il lui a fait miroiter –toujours sur la pointe des pieds- la fameuse "loi Florange".

Dans ce contexte, députés et Medef défendent leurs revendications. Et le second, en pleine période électorale en vue de la succession de Laurence Parisot, ne veut pas faiblir. C’est donc à qui montrera le plus les muscles face à cette "illusion" qui, "pour régler deux ou trois cas emblématiques risque d'empoisonner ensuite la vie de toutes les autres entreprises", selon Patrick Bernasconi. Ainsi que celle du gouvernement dans les prochaines semaines…

Yann Duvert