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3,5 millions de Français travaillaient la nuit en 2012

La proportion des salariés travaillant de nuit a plus que doublé en 20 ans.

La proportion des salariés travaillant de nuit a plus que doublé en 20 ans. - JCwalker - Flickr - CC

15,4% des salariés effectuaient des horaires nocturnes en 2012, selon une étude du ministère de l'Emploi publiée ce jeudi 21 août. La majorité d'entre eux sont des hommes.

3,5 millions de Français travaillaient en horaires décalés. Plus d'un salarié sur sept travaillait la nuit (15,4%) en 2012, habituellement ou occasionnellement, montre ainsi une étude du ministère de l'Emploi (Dares) publiée ce jeudi 21 août.

En l'espace d'une vingtaine d'années, le nombre de salariés travaillant la nuit est passé de 2,4 millions de personnes en 1991 à 3,5 millions en 2012, soit un million de salariés en plus.

La proportion de salariés travaillant habituellement de nuit a plus que doublé en vingt ans (3,5% en 1991, 7,4% en 2012). Le travail de nuit occasionnel est devenu un peu moins fréquent (9,5% des salariés en 1991, 8% en 2012), selon l'étude.

9,3% des femmes travaillent la nuit

En 2012, 21,5% des hommes travaillent la nuit contre 9,3% des femmes. Toutefois, le nombre de femmes travaillant la nuit a doublé en vingt ans (500.000 en 1991, un million en 2012), alors que le nombre d'hommes concernés n'augmente que de 25% (1,9 million en 1991, 2,4 millions en 2012).

L'armée, la police et les pompiers (72%), des corps à forte présence masculine, comptent le plus grand nombre de travailleurs de nuit avec les conducteurs de véhicule (42%).

Conditions de travail difficiles

De manière générale, les conditions de travail sont plus difficiles pour les salariés qui travaillent la nuit, selon une enquête 2013 du ministère. Ils exercent souvent plusieurs tâches et sont davantage soumis à de fortes contraintes de rythme de travail.

Ces salariés ont plus souvent le sentiment qu'une erreur de leur part pourrait avoir de graves conséquences et sont plus souvent confrontés à des personnes en détresse, à des tensions ou même à des agressions, selon la Dares. Leur travail comporte davantage de facteurs de pénibilité physique et de contraintes de vigilance et ils déclarent plus souvent risquer être blessé ou accidenté, précise l'enquête. Ce surcroît de difficultés se traduit par un sentiment plus fréquent d'usure professionnelle des travailleurs de nuit, nombreux à penser qu'il ne "tiendront" pas jusqu'à leur retraite (43 % d'entre eux contre 27 % pour l'ensemble des salariés).

Toutefois, les travailleurs de nuit semblent pouvoir davantage compter sur le collectif de travail et être mieux formés aux risques.

Quand parle-t-on de travail de nuit?

La définition "statistique", retenue par la Dares dans son étude considère que la période de travail de nuit se situe, même partiellement, dans la tranche de minuit à 5 heures du matin. Elle diffère du code du Travail qui considère que le travail de nuit recouvre une plage horaire plus large, entre 21h et 6h du matin depuis la loi du 9 mai 2001. Pour être considéré comme travailleur de nuit, une personne doit effectuer trois heures de son temps de travail dans cette plage, deux fois par semaine ou un total de 270 heures sur douze mois consécutifs. " Ces définitions peuvent être modifiées dans certaines limites par convention collective ou accord étendu", explique la Dares.

D. L. avec AFP