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2018 sous le signe de l'égalité salariale homme-femme

L'égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée "cause nationale du quinquennat".

L'égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée "cause nationale du quinquennat". - Rawpixel- CC

À compter de cette année, de nouvelles lois visant à réduire les écarts de salaires liés au sexe entrent en vigueur en Islande et en Allemagne. Mais en France, la situation piétine.

Selon le Forum économique mondial, les inégalités entre les hommes et les femmes ne disparaîtront pas avant 2234. Mais certains pays devraient en finir plus tôt avec cette injustice. Ils s'en donnent en tout cas les moyens. L'Islande a ainsi été le premier pays à mettre en place une loi rendant obligatoire la parité salariale. Depuis le 1er janvier, les entreprises privées et les services publics employant plus de 25 personnes doivent disposer d'un document certifiant que l'équilibre salarial est appliqué, sous peine d'amende. Le gouvernement se donne deux ans pour mettre fin aux inégalités salariales qui en moyenne s'élève à 16%.

L'Allemagne, où les écarts de salaires s'élèvent pour le moment à 21%, s'attaque aussi au problème, mais de manière moins radicale. A compter du 6 janvier, une loi sur la transparence permettra aux salariés qui en feront la demande, de connaître les salaires de leurs collègues. Mais de nombreuses restrictions risquent de réduire la portée de cette loi. En effet, il ne sera pas question de dévoiler le salaire de son voisin de bureau ou de son chef.

Cette loi, qui ne s'applique qu'aux entreprises de plus de 200 employés, ne permet de connaître que le salaire moyen de cinq collègues du sexe opposé ayant un poste identique. Autrement dit si une femme ingénieur n'a que quatre collègues masculins dans son service, cette loi ne lui sera d'aucune utilité pour aller réclamer une revalorisation à son patron. Ou si son employeur utilise des descriptifs de postes très complexes, il sera là encore difficile de trouver l'échantillon de référence pour obtenir gain de cause.

Des sanctions trop rarement appliquées

En France, depuis plus de quarante ans, une loi impose le principe de l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes "pour un même travail ou un travail de valeur égale". En 1983, une loi réaffirme ce principe, en l'appliquant à tout le champ professionnel, en incluant le recrutement, la formation et la promotion. Depuis la loi d’août 2014, les entreprises de plus de 50 salariés sont tenues de prévoir un plan d’action tendant vers plus d’égalité en leur sein. Elles s’exposent à des amendes plafonnées à 1% de leur masse salariale et à l’interdiction de déposer une candidature pour des marchés publics. Mais faute de contrôles suffisants, peu d'entreprises suivent les règles. Selon les dernières données d'Eurostat (établies sur les salaires 2015), les femmes sont payées 15,8% de moins que les hommes. Chez les cadres, l'écart atteint même en moyenne 26%.

Le souci pour les Françaises, c'est que la situation ne s'améliore pas. Selon l'OCDE, l'écart ne se réduit plus depuis les années 2000, en partie à cause du "plafond de verre auquel font souvent face les femmes au cours de leur carrière; les femmes représentent ainsi moins d’un tiers des cadres de direction". Une situation que dénonce aussi le collectif féministe les Glorieuses, qui invite depuis deux ans les femmes à cesser le travail en novembre. En précisant le jour du mois à partir duquel, où, en raison des écarts de salaires, elle travaillent bénévolement jusqu'à la fin de l'année.

L'égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée "cause nationale du quinquennat", le gouvernement doit profiter du 8 mars 2018, journée internationale du droit des femmes, pour dévoiler de nouvelles mesures. 

Coralie Cathelinais