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2 Français sur 3 jugent que les chômeurs ne font pas assez d'efforts pour décrocher un emploi

VIDÉO - Selon une majorité des Français, une part importante des demandeurs d'emploi ne retrouvent pas un travail soit parce qu'ils ne s'en donnent pas suffisamment les moyens soit parce qu'ils se montrent trop "difficiles" avec les offres qui leur sont proposées, d'après un baromètre Odoxa pour BFM Business.

Le mythe du chômeur profiteur semble avoir la peau dure. Début novembre, Pôle emploi présentait le bilan de son contrôle renforcé des chômeurs qui avait été mis en place en septembre 2015. Résultat: une très grande majorité des demandeurs d'emploi (86%) s'acquittaient de leurs obligations.

Pourtant bon nombre de Français semblent penser que les chômeurs pourraient très bien obtenir un emploi s'ils y mettaient davantage du leur. Selon le baromètre Odoxa pour BFM Business, Aviva et Challenges, près de deux Français sur trois (64%) pensent que la part des chômeurs qui pourraient retrouver du travail s'ils s'en donnaient davantage les moyens ou s'ils se montraient moins "difficiles" est "importante". Seuls les sympathisants de gauche (44%) ne sont pas une majorité à émettre cette opinion.

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Des mesures illusoires?

Du coup, les Français sont en majorité d'accord avec la volonté d'Emmanuel Macron qui, lors de son intervention télévisée le 16 octobre affirmait vouloir contrôler davantage les chômeurs. “Il faut qu‘on s‘assure qu‘ils recherchent bien de manière active un emploi, il faut vérifier les efforts qui sont faits, et vérifier que ce n‘est pas un multirécidiviste du refus”, déclarait-il.

En fait, les Français ont un avis paradoxal sur le sujet. Les deux-tiers d'entre eux trouvent que cette mesure est à la fois nécessaire pour permettre à Pôle emploi de mieux fonctionner (67%) et de faire des économies (65%). Mais dans le même temps, ils sont presque autant (59%) à considérer que ce renforcement est "illusoire" car les mesures de contrôle existent déjà et sont très difficiles à appliquer (59%). Une faible majorité (51%) ne pensent pas, par ailleurs, que cette mesure soit "injuste".

Dégressivité des allocations

Les Français ont par ailleurs été interrogés sur plusieurs mesures dans le cadre de la réforme de l'assurance-chômage. Ils sont ainsi 69% à être favorables à la suspension des allocations chômage lorsque "les recherches du demandeur d'emploi sont jugées insuffisantes" ainsi que 61% à approuver la suspension des droits lorsque le demandeur d'emploi refuse deux offres considérées comme "décentes". En pratique ces deux sanctions peuvent déjà être prises par Pôle Emploi: une loi de 2008 permet une réduction ou une suspension provisoire lorsque le demandeur d'emploi refuse à deux reprises une offre "raisonnable".

Par ailleurs, une courte majorité de Français (53%) est favorable à la dégressivité des allocations chômage, avec une baisse des droits par paliers pendant deux ans. En revanche, ils ne sont qu'un tiers (34%) à souhaiter une baisse de la durée maximale d'indemnisation des demandeurs d'emploi qui est actuellement de deux ans.

Enquête réalisée par Internet les 29 et 30 novembre auprès d'un échantillon de 991 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles: 238 sympathisants de gauche, 137 sympathisants de LaREM, 148 sympathisants de droite hors FN et 130 du FN. La représentativité& de l'échantillon est assurée via la méthode des quotas.

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J.M.