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Emmanuel Macron réunit les partenaires sociaux pour remédier à la crise de l'emploi

Emmanuel Macron et Edouard Philippe réunissent à l'Élysée ce jeudi syndicats et patronat en quête de solutions pour préserver l'emploi, durement touché par la récession liée à la crise sanitaire. Au menu, l'apprentissage, le chômage partiel et la réforme de l'assurance-chômage dont les syndicats demandent l'abandon.

L'exécutif renoue le dialogue social pour préserver l'emploi menacé par la récession économique en France, qui devrait atteindre jusqu'à -11,4% en 2020, selon les nouvelles prévisions divulguées par Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics. "Il s'agira de travailler à ce qui peut être fait pour préserver l'emploi et l'accompagnement des plus fragiles, notamment les jeunes entrant sur le marché du travail", a précisé la présidence, à propos de cette réunion prévue ce jeudi à 15H00.

Les revendications syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) risquent d'être nombreuses, voire divergentes, alors que les indicateurs macroéconomiques sont tous au rouge: le gouvernement anticipe une chute du PIB de 11% cette année en raison du "choc économique extrêmement brutal" provoqué par l'arrêt quasi total de l'économie, lié à l'épidémie.

Plus de huit millions de personnes sont au chômage partiel et plus de six millions de demandeurs d'emploi ont été comptabilisés par Pôle emploi en avril. Du jamais-vu en France.

Au menu des discussions de cette troisième réunion depuis le confinement - pour la première fois en "présentiel" à l'Elysée et non en vidéoconférence -, "l'apprentissage, l'activité partielle, l'assurance chômage", selon Marylise Léon, la numéro deux de la CFDT.

Côté apprentissage, il y a urgence

Sans soutien de l'Etat, les acteurs de l'alternance s'attendent à une chute de 20 à 40% des offres d'apprentissage proposées par les entreprises.

Dans Le Parisien, Philippe Darmayan, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), appelle l'exécutif à un "pacte", qui serait soit "une prise en charge par l'Etat de la rémunération des alternants pour au moins 6 mois", soit "un doublement de l'aide existante et son extension à toutes les entreprises et tous les diplômes". 

Les syndicats contre la réforme de l'assurance-chômage

Côté assurance chômage, tous les syndicats demandent depuis le début de la crise l'abandon de la réforme. Son deuxième volet, qui durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage, a déjà été reporté au 1er septembre.

Ces derniers jours, le gouvernement a multiplié les appels vis-à-vis des entreprises pour mettre en place des "accords de performance collective", un dispositif créé au début du quinquennat et qui permet d'aménager la rémunération, la durée de travail et la mobilité des salariés pour préserver l'entreprise et l'emploi.

Il permet "de se dire plutôt qu'il y en ait 20% qui perdent leur emploi, on va pendant quelque temps baisser le temps de travail, donc la rémunération", a vanté dimanche la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui sera présente à la réunion à l'Elysée avec Bruno Le Maire (Economie), Gérald Darmanin (Comptes publics), Didier Guillaume (Agriculture) et Laurent Pietraszewski (Protection de la santé des salariés contre le Covid-19).

Pour FO, "ne pas opposer les salaires à l'emploi"

Mais les syndicats voient d'un mauvais oeil cette "solution". C'est ce qu'a l'intention de dire à Emmanuel Macron Yves Veyrier, le secrétaire général de FO. "Opposer les salaires à l'emploi serait la plus mauvaise réponse à apporter, ce serait une erreur du point de vu macroéconomique", a-t-il déclaré devant les députés mercredi.

Et "pas besoin de toucher à la durée légale du temps de travail", avait de son côté lancé son homologue de la CFDT, Laurent Berger, il y a une semaine, devant les mêmes députés. 

Frédéric Bergé avec AFP