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Édouard Philippe: la hausse des salaires des personnels soignants "sera significative"

Le Premier ministre a donné le coup d'envoi du "Ségur de la santé", vaste concertation sociale destinée à améliorer les conditions de travail des soignants et les soins. Concernant la hausse à venir des salaires des personnels, il a promis qu'elle "sera significative" tout en ajoutant que la question du temps de travail "n'était pas taboue".

"Il n'y aura pas de demie mesure mais des choix forts, rapides et assumés" a estimé le Premier ministre, en donnant lundi 25 mai le coup d'envoi de son "Ségur de la santé". Cette vaste concertation est attendue de pied ferme par le personnel soignant à l'hôpital public, qui entend maintenir la pression sur l'exécutif après dix semaines d'une crise sanitaire sans précédent.

"La demande des personnels soignants exige que nous allions vite" a déclaré Édouard Philippe qui ajoute "vu l'ampleur des défis, le calendrier est serré". "Je continue à penser que c'était le bon cap" à propos du plan hôpital concocté par Agnès Buzyn, l'ex-ministre de la Santé.

Parmi les 5 enjeux clés définis par Édouard Philippe, il a placé en priorité le fait de "montrer notre reconnaissance aux personnels soignants". Elle se traduira par des revalorisations des rémunérations et la "hausse sera significative" a promis le Premier ministre, jugeant nécessaire "de garder intacte" la "motivation" des professionnels de santé. 

"La question du temps de travail n'est pas taboue"

Le chef du gouvernement a aussi ajouté, "la question du temps de travail n'est pas taboue". Une allusion directe à l'application des 35 heures à l'hôpital qui a eu des effets pervers sur l'organisation des soins.

Cette grande concertation baptisée "Ségur de la santé", du nom de l'avenue parisienne où se trouve le ministère de la Santé, lancée par le ministre Olivier Véran, doit aboutir "mi-juillet". Elle répond à la promesse d'Emmanuel Macron qui avait évoqué fin mars "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital. 

Des discussions coordonnées par Nicole Notat

Coronavirus oblige, les responsables syndicaux et collectifs de soignants appelés au chevet de l'hôpital sont réunis lors d'une visioconférence. 

On attend un geste fort, immédiat, pour renouer la confiance avec le gouvernement", qui doit "montrer d'emblée à l'ensemble des personnels qu'il les a entendus", avec "une revalorisation et un arrêt des fermetures de lits", a prévenu sur RTL le professeur Stéphane Dauger, membre du collectif Inter-Hôpitaux.

Ce lundi 25 mai, une cinquantaine de personnes s'étaient regroupées devant le ministère de la Santé à l'appel du syndicat SUD-Santé, qui avait déployé une banderole "Pas de retour à l'anormale".

Selon des sources syndicales, près de 300 personnes devraient participer à ce "Ségur de la santé", du nom de la rue où est implanté le ministère. Parmi eux: des représentants des hôpitaux, mais aussi des Ehpad, des établissements médico-sociaux et de la médecine de ville. 

Les discussions, coordonnées par l'ex-secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, dureront sept semaines. Elles prendront la forme de "groupes de travail" et de "partage d'expérience" sur le Covid-19, selon le ministère

Frédéric Bergé