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Vers un mécanisme permanent de gestion des crises en zone euro

Le Premier minsitre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont envoyé dans la nuit de vendredi à samedi un signal sans équivoque aux marchés financiers afin d'endiguer la contag

Le Premier minsitre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont envoyé dans la nuit de vendredi à samedi un signal sans équivoque aux marchés financiers afin d'endiguer la contag - -

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry BRUXELLES - Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont envoyé dans la nuit de vendredi à samedi un...

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont envoyé dans la nuit de vendredi à samedi un signal sans équivoque aux marchés financiers afin d'endiguer la contagion de la crise grecque au reste de l'Europe et de prévenir les crises de ce type à l'avenir.

Au terme de huit heures de discussions, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la monnaie unique se sont mis d'accord sur un mécanisme permanent de gestion de crise, sur le renforcement de la surveillance budgétaire européenne et sur la nécessité d'accélérer l'assainissement de leurs finances publiques.

Selon plusieurs sources diplomatiques européennes, le mécanisme décidé autorisera la Commission européenne à emprunter des fonds sur les marchés financiers grâce à une garantie des Etats membres de l'UE et de la Banque centrale européenne.

"Deux mécanismes ont été décidés. L'un est basé sur l'article 122-2 du traité européen, qui permet au conseil de l'UE de venir en aide à un Etat membre lorsqu'il est confronté à de sérieuses difficultés", a déclaré l'une de ces sources.

"L'autre permet à la Commission européenne d'aller sur les marchés et d'y emprunter de l'argent grâce à une garantie explicite des Etats membres et une garantie implicite de la Banque centrale européenne", a-t-elle ajouté.

Cette garantie ne serait qu'implicite afin de ne pas remettre en cause l'indépendance de la BCE et de ne pas violer les traités européens.

Les détails seront finalisés d'ici dimanche afin que le plan soit opérationnel immédiatement. Une réunion des ministres des Finances de l'ensemble de l'Union européenne, et pas seulement des seize membres de l'Eurogroupe, a été convoquée à cet effet.

La possibilité pour la Commission européenne d'émettre de la dette sur les marchés afin de venir en aide à un pays existe déjà pour les pays hors zone euro mais la mise en place du mécanisme pour les pays utilisant la monnaie unique représenterait un tournant historique.

La mesure, à laquelle la déclaration finale fait référence sans l'expliciter, avait été exclue à la création de l'euro, il y a plus de dix ans, pour éviter qu'un pays ne se laisse décrocher en escomptant un soutien communautaire.

Elle était il y a quelques semaines encore un sujet tabou en Allemagne. Mais la gravité de la crise grecque et les risques de propagation à d'autres économies fragilisées ont conduit à une révision des concepts.

CRISE SYSTÉMIQUE

Le texte insiste aussi sur le fait que "l'assainissement des finances publiques est une priorité" pour les pays de la zone, qui réaffirment leur volonté de prendre toutes les mesures nécessaires pour atteindre leurs objectifs budgétaires cette année et les suivantes.

En ce qui concerne la gouvernance économique, les Seize disent leur volonté d'élargir et de renforcer la surveillance des politiques de la zone euro, en suivant de plus près les niveaux d'endettement et l'évolution de la compétitivité.

"Nous ferons tout ce qu'il faut pour défendre l'euro", a dit le président de la Commission, José Manuel Barroso.

Le pacte de stabilité sera aussi renforcé et ses sanctions rendues "plus efficaces". Aucun détail n'est cependant fourni sur la méthode qui sera suivie et qui risque de faire débat entre les Etats membres.

"Nous avons donc décidé de doter la zone euro d'un véritable gouvernement économique", s'est félicité Nicolas Sarkozy, qui a dit qu'il s'agissait d'une réponse systémique à une crise systémique avec des répercussions mondiales.

"La zone euro traverse la crise la plus grave depuis sa création (...) Les dirigeants de la zone euro sont décidés à tout mettre en oeuvre pour assurer la stabilité et l'unité de la zone euro", a-t-il ajouté, précisant que les décisions prises étaient "d'application immédiate, dès l'ouverture des marchés lundi matin".

La situation s'était brutalement aggravée jeudi et vendredi avec la chute des Bourses, de New York à Séoul et Tokyo en passant par l'Europe.

D'où l'inquiétude manifestée par Barack Obama, qui après avoir joint Angela Merkel vendredi devait téléphoner à Nicolas Sarkozy samedi, selon l'entourage du président français.

Edité par Nicolas Delame et Henri-Pierre André