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Thierry Breton gagnera 10 fois moins à la Commission européenne que chez Atos

Candidat de la France au poste de commissaire européen après le rejet de Sylvie Goulard, Thierry Breton percevra à Bruxelles une rémunération nettement inférieure à celle qu'il touchait en tant que PDG d'Atos.

Emmanuel Macron retente sa chance. Après le rejet de Sylvie Goulard, le chef de l’État a proposé ce jeudi Thierry Breton, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’Économie, comme commissaire européen en charge du vaste portefeuille regroupant politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace.

Un poste de prestige qui contraint logiquement cet ancien dirigeant de France Télécom ou encore de Thomson Multimedia a quitté ses fonctions de PDG d’Atos qu’il occupe depuis fin 2009. Sa démission sera effective le 31 octobre.

Si sa candidature est acceptée, Thierry Breton percevra toutefois une rémunération près de dix fois inférieure à celle qu’il touchait chez Atos. Voire davantage, en fonction des performances de l'entreprise d'une année sur l'autre. On estime ainsi qu'il percevra environ 270.000 euros bruts par an à Bruxelles (hors allocation de résidence et frais de représentation), soit un peu plus de 22.000 euros par mois . 

2,7 millions d'euros de rémunération en 2018

Mais Thierry Breton peut se permettre de rogner sa rémunération au regard du matelas confortable dont il dispose déjà grâce à ses activités à la tête d'Atos. Selon le document de référence de l'entreprise, il a perçu en 2018 une rémunération globale brute de 2,7 millions d’euros qui comprend une part fixe, une part variable ainsi que des avantages en nature.

Il est toutefois important de souligner que ce montant est très fluctuant d’une année sur l’autre. En 2017 par exemple, le PDG d’Atos a touché 6,13 millions d’euros. Là-encore la rémunération recouvrait une part fixe, une part variable, des avantages en nature mais également près de 2,9 millions d’euros d’actions gratuites qui lui seront versées si certains objectifs de performance sont remplis. Des titres dont il n’a visiblement pas bénéficié l’année suivante.

À cela, il est nécessaire d’ajouter les actions détenues par Thierry Breton. Fin 2018, il en détenait 508.085, soit l’équivalent de 35,3 millions d’euros au cours actuel du titre d’Atos. Un joli pactole qu’il pourrait percevoir s'il cédait l'intégralité de ses actions pour faire taire les suspicions de conflit d'intérêt à Bruxelles. Notons enfin qu’il a empoché plus de 34 millions d’euros en vendant des actions gratuites ou des stock-options depuis début son arrivée à la tête du groupe en 2009, selon la Lettre A

Pierre Kupferman avec Paul Louis