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Union européenne

Pour Christine Lagarde, l'ère d'une faible inflation a peu de chances de revenir

La présidente de la Banque centrale européenne pense que le retour à une ère d'inflation ultra-basse, comme avant le Covid, n'est pas pour tout de suite.

"Je ne pense pas que nous allons revenir à une ère de faible inflation", a déclaré Chrstine Lagarde lors d'une conférence en clôture du séminaire annuel de la Banque centrale européenne à Sintra, près de Lisbonne, évoquant la pandémie et le "choc géopolitique massif que nous vivons".

La présidente de la Banque centrale européenne voit "un élément d'art" dans la politique monétaire mise au défi de contenir la forte inflation du moment, a-t-elle déclaré mercredi au Portugal.

Décider des bonnes mesures pour ramener l'équilibre des prix à un niveau de 2%, l'objectif poursuivi tant en zone euro qu'aux États-Unis, "n'est pas une science" mais plutôt "un élément d'art", a déclaré Christine Lagarde lors d'un panel de banquiers centraux.

"Nous savons que les modèles (pour prévoir la conjoncture) ont des lacunes", a assuré la Française.

En particulier, il va être "très difficile" de mesurer l'éventuel impact du choc énergétique en cas d'embargo sur le gaz russe qui pourrait prochainement survenir alors que la guerre en Ukraine a déjà poussé les prix d'énergie au sommet.

Hausse des taux

Même dans un contexte pétri d'incertitudes, la BCE devrait, selon toute vraisemblance, décider de sa première hausse de taux depuis plus d'une décennie, lors de sa prochaine réunion le 21 juillet, de 25 points de base et ce, alors que l'inflation dans la zone euro pourrait afficher en juin un nouveau record, après avoir dépassé 8% en mai.

Confrontée elle aussi à une inflation rappelant les années 1970, la Réserve fédérale américaine a récemment augmenté ses taux directeurs de 75 points de base, une ampleur peu habituelle.

"Nous comprenons mieux maintenant à quel point nous comprenons peu", a reconnu Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, lors de ce débat.

Le resserrement rapide de la politique monétaire fait craindre que les économies des deux côtés de l'Atlantique ne plongent dans la récession. Or, l'économie américaine est en "bonne forme" et devrait encaisser le virage monétaire de la banque centrale sans verser dans la récession, ce qui "est notre objectif et nous pensons qu'il existe des moyens d'y parvenir", a ajouté Jerome Powell.

La communication des banques centrales, en particulier vis-à-vis des marchés financiers, est au coeur de leur action pour contrôler les prix. Il se joue alors une sorte de pas de deux avec les acteurs des marchés qui "se demandent toujours ce que nous pensons" et "lorsque les mouvements du marché se produisent, c'est vraiment une chose constructive", a décrit Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre.

P.D. avec AFP