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Moscovici tance le gouvernement français: c'est "son rôle", répond Sapin

Pierre Moscovici

Pierre Moscovici - AFP

Le commissaire européen aux Affaires économiques a appelé la France à "continuer" des réformes jugées "pas suffisantes", au lendemain de l'octroi d'un nouveau délai pour réduire son déficit.  Le ministre des Finances n'a pas polémiqué avec son ancien collègue du gouvernement. 

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé mercredi sur France Info qu'"il faut continuer" les réformes en France, notamment sur le marché du travail, au lendemain de la confirmation de l'octroi d'un nouveau délai de deux ans à la France pour respecter les règles européennes. Récusant les termes de "mauvais élève de l'Europe", l'ex-locataire de Bercy reconnaît "qu'en matière de déficit, la France a une performance qui est loin d'être la meilleure de la zone euro".

"Il faut continuer"

"Oui, il y a des réformes qui sont faites, et je veux le souligner ici, indéniablement, la loi Macron c'est une réforme importante, la réforme territoriale", a jugé Pierre Moscovici. Importante, mais pas suffisante? "Il faut continuer", juge-t-il.

Dans un entretien au Figaro mercredi, l'ancien ministre français juge aussi que l'effort de réformes en France est "indéniable" mais "pas suffisant pour réduire les déséquilibres de l'économie". Il y réitère son appel à un "plan de réformes détaillé, ambitieux", un "agenda législatif en somme, qui précisera quand et comment les réformes seront présentées, au Conseil des ministres et puis au Parlement".

Pour Sapin, "Moscovici est dans son rôle"

De là à déceler des critiques voilées contre la politique menée par le gouvernement auquel il n'appartient plus, il n'y a qu'un pas que refuse de franchir Michel Sapin, le ministre des Finances. 

"Il est dans son rôle, la Commission est dans son rôle vis-à-vis de la France comme vis-à-vis des autres, mais nous, nous faisons des réformes parce que c'est bon pour nous, et nous allons jusqu'au bout des réformes", a-t-il expliqué en écho aux déclarations de Pierre Moscovici.

Après l'accord de Bruxelles, la France doit désormais ramener son déficit à 4% cette année, 3,4% l'an prochain et 2,8% en 2017. "C'était la trajectoire que la France s'était fixée à elle-même", a commenté Michel Sapin, qui s'est réjoui que les deux approches "convergent".

S.A. avec AFP