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La City, sacrifiée de l’accord sur le Brexit?

La City de Londres, épicentre financier du Royaume-Uni

La City de Londres, épicentre financier du Royaume-Uni - Kloniwotski - Wikimedia Commons - CC

Avec le Brexit, la place financière londonienne a vu la quasi-totalité des transactions sur les actions des sociétés européennes migrer vers le continent.

Près d’une semaine après l’entrée en vigueur de l’accord commercial post-Brexit, le choc est rude pour la City. Avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la place financière britannique a perdu son passeport européen et donc son accès au marché unique, les activités financières étant exclues du compromis trouvé fin décembre entre Londres et Bruxelles.

Faute d’accord entre Londres et Bruxelles pour accorder aux courtiers britanniques un régime d’équivalence, les sociétés de trading basées au Royaume-Unis ont finalement dû activer leurs dispositifs sur le continent. Résultat, la Bourse de Londres, le London stock exchange, a vu la quasi-totalité des transactions sur les actions de sociétés européennes (6 milliards d’euros environ) migrer sur les places européennes, rappellent Les Echos. Un coup dur pour la City où étaient réalisées jusqu’à présent près d’un tiers des transactions sur les titres de sociétés européennes.

Dans ces conditions, les représentants de la place financière londonienne s’indignent de l’accord conclu entre Européens et Britanniques: "La politique a primé sur le pragmatisme. Ce n’est pas normal que la pêche soit favorisée à ce point. Entendons-nous bien, c’est une industrie fantastique mais elle n’emploie qu’un nombre infime de personnes alors que la City est l’un de nos plus grands exportateurs avec 2,2 millions d’emplois directs et 75 milliards de taxes pour l’Etat", a souligné auprès de RFI Catherine McGuinness, présidente de la corporation de la City.

Réputation sans égal

La City est d’autant plus préoccupée qu’elle craint de voir d’autres marchés rejoindre à leur tour le Vieux Continent: les dérivés de taux en euros ou la compensation de ces dérivés notamment, deux marchés qui pèsent plus de 175.000 milliards d’euros.

Tout n’est pas perdu pour autant. Les discussions se poursuivent entre Londres et Bruxelles et les acteurs du secteur espèrent un accord d’ici à la fin mars. Par ailleurs, la City, deuxième place financière du monde, jouit d’une réputation sans égal en Europe avec un fort positionnement à l’international qui devrait lui permettre de limiter la casse.

Sur le front de l’emploi, seuls 7500 postes ont pour l’heure été transférés vers le continent sur les 450.000 existants, alors que la City craignait en 2016 une véritable hémorragie avec la perte de 250.000 emplois. Reste qu’il est encore trop tôt pour analyser l’ensemble des conséquences du Brexit sur la City. Les véritables effets ne seront sans doute visibles qu’à long terme, dans plusieurs années.

Delphine Liou avec Paul Louis