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Budget de la zone euro: 6 mois pour trouver un compromis

Le président de la République, Emmanuel Macron.

Le président de la République, Emmanuel Macron. - Capture d'écran BFMTV

Les chefs d'État et de gouvernement européens ont mandaté vendredi les ministres des Finances pour trouver un compromis sur le contenu de ce budget de la zone euro d'ici juin 2019.

"Des étapes importantes ont été franchies", a déclaré Emmanuel Macron ce vendredi à la sortie du sommet des chefs d'État et de gouvernement européen à Bruxelles. Les dirigeants européens ont acté "la création d’un budget pour la zone euro avec pour la première fois l’inscription de cet objectif et un mandat clair donné aux ministres des Finances sur ce sujet", s'est félicité le président français.

Ces derniers devront parvenir à un compromis "pour les fonctions de convergences et de compétitivité" d'ici juin 2019. La proposition franco-allemande de budget de la zone euro, sur laquelle vont se baser les négociations, prévoit des investissements dans l'innovation, la recherche et le capital humain.

Discours de la Sorbonne

"Ce conseil est celui des résultats, il marque une étape importante à mes yeux compte tenu de ce que la France avait proposé il y a un peu plus d’un an", a déclaré Emmanuel Macron, faisant allusion à son discours de la Sorbonne en septembre 2017.

En mettant en parallèle ses propositions de l'époque, les propos du président français peuvent paraître dithyrambique par rapport aux résultats obtenus. La proposition franco-allemande sur laquelle doit se baser les négociations prévoit que le budget de la zone euro ne sera pas autonome. Il figurera sur une simple ligne dans le budget global de l'Union européenne. 

Pour mémoire, ce dernier s'élève à 160 milliards d'euros cette année. Or, dans son discours de la Sorbonne, Emmanuel Macron évoquait un budget "plus fort au cœur de la zone euro" avec "des ressources qui devront refléter cette ambition", c'est-à-dire au minimum 1% du PIB de la zone euro, ce qui représente déjà 110 milliards d'euros.

Toujours pas de consensus sur la stabilisation

Par ailleurs, même si certains pays réticents, au premier rang desquels les Pays-Bas, n'ont pas bloqué la poursuite du projet, force est de constater que la fonction de stabilisation, qui vise à mettre en place des mécanismes de solidarité entre les États pour absorber les chocs d'une prochaine crise, est pour l'instant laissée de côté.

"La France considère que c’est important qu’il y ait une fonction de stabilisation", a fait savoir Emmanuel Macron. "Il n’y a pas de consensus aujourd’hui sur cette fonction-là, pour autant je n’abandonne ni l’idée ni la volonté."

Cet aspect demeure le principal point de blocage entre les États. Car il suppose un partage des risques économiques entre eux, mais certains ne sont toujours pas prêts à franchir le pas. Pour caricaturer, les pays du Nord craignent une "union de transferts" où ils financeraient les déficits des laxistes pays du Sud. Pourtant, plusieurs organisations internationales, notamment le FMI, estiment qu'il est primordial que la zone euro mette en place de telles mécanismes de solidarité pour affronter la prochaine tempête économique.

Jean-Christophe Catalon