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Brexit: May promet de quitter ses fonctions quand le Royaume-Uni sera sorti de l'UE

Theresa May, Première ministre britannique

Theresa May, Première ministre britannique - Emmanuel DUNAND / AFP

La Première ministre britannique s'est engagée à démissionner auprès des députés conservateurs, en échange de leur soutien à l'accord de divorce qu'elle a négocié avec Bruxelles.

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé ce mercredi aux députés de son Parti conservateur qu'elle démissionnerait avant la prochaine étape de négociation sur le Brexit, c'est-à-dire une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne, selon un communiqué de ses services. Cela implique que son accord de retrait négocié avec Bruxelles soit approuvé par le Parlement. 

"Il y a le désir d'une nouvelle approche, d'un nouveau leadership" pour la prochaine phase des négociations du Brexit qui doit déterminer la future relation du Royaume-Uni avec l'UE, leur a-t-elle déclaré, selon ce communiqué. "Je n'y ferai pas obstacle", a-t-elle ajouté.

En s'engageant ainsi à démissionner, Theresa May abat ce qui ressemble à sa dernière carte pour tenter de faire adopter le Traité de retrait de l'UE qu'elle a négocié pendant de longs mois avec Bruxelles.

Cet accord a déjà été rejeté à deux reprises par les députés britanniques, en janvier et à la mi-mars, poussant la dirigeante conservatrice à demander aux dirigeants de l'UE un report de la date du Brexit, fixé désormais au plus tôt au 12 avril.

"Je suis prête à quitter ce poste plus tôt que prévu"

La pression s'est considérablement accrue ces dernières jours sur Theresa May, nombre de députés, conservateurs notamment, mettant en balance leur soutien à cet accord en échange d'une démission. Frustrés par le contenu du Traité de retrait, certains eurosceptiques réclament que la prochaine phase des négociations soit menée par une autre personne.

"Je suis prête à quitter ce poste plus tôt que prévu afin de faire ce qui est bon pour notre pays et notre parti", a ajouté Theresa May devant les députés conservateurs, auxquels elle avait déjà annoncé en décembre qu'elle ne mènerait pas la campagne pour les prochaines législatives, prévues en 2022.

Theresa May a également appelé une nouvelle fois les Tories à "soutenir l'accord afin que nous puissions accomplir notre devoir historique, à savoir respecter la décision du peuple britannique de quitter l'Union européenne", prise lors du référendum du 23 juin 2016. Downing Street a répété mercredi que l'accord ne serait soumis à un nouveau vote qu'à la condition qu'il ait une chance "réaliste" d'être approuvé.

Votes "indicatifs"

Cette annonce intervient alors que les députés s'apprêtaient à voter à partir de 19h00 (heure locale) sur huit alternatives à cet accord de divorce, une initiative potentiellement susceptible de contrecarrer ses plans. Parmi les options proposés par les élus figurent notamment une sortie sans accord, un renoncement au Brexit ou encore l'organisation d'un référendum sur l'accord de divorce qui sera choisi.

Ces votes "indicatifs" ne sont toutefois pas contraignants pour le gouvernement et Theresa May a signifié qu'elle s'opposerait au choix des députés s'il venait contredire les engagements de son Parti conservateur en faveur d'une sortie du marché unique et de l'union douanière européenne.

Par ailleurs, les députés doivent aussi entériner le report de la date du Brexit, initialement prévu le 29 mars, après l'accord donné la semaine dernière par les dirigeants européens. Les 27 ont laissé à Mme May le choix entre deux options. Soit l'accord est adopté et le report sera de courte durée, jusqu'au 22 mai. Soit l'accord est rejeté, et Londres aura jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report, qui impliquerait la tenue d'élections européennes dans le pays fin mai.

Paul Louis avec AFP