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Brexit: Macron veut "croire que Johnson aura une majorité"

Boris Johnson et Emmanuel Macron

Boris Johnson et Emmanuel Macron - JOHANNA GERON / POOL / AFP

Le chef de l'État s'est félicité de l'accord conclu entre Londres et Bruxelles sur le Brexit. Avant d'appeler à la prudence "parce que, instruits par l'Histoire, nous savons que les Parlements peuvent ne pas se retrouver dans l'accord".

Emmanuel Macron s'est dit ce jeudi "raisonnablement confiant" quant à une ratification par le Parlement britannique de l'accord de Brexit, déclarant vouloir "croire que Boris Johnson aura une majorité". "Je suis satisfait qu'on ait réussi à le trouver (l'accord), a déclaré le président français en arrivant à Bruxelles pour participer à une réunion du groupe "Renew Europe" au Parlement européen, auquel appartient son parti.

Saluant une "bonne nouvelle", il a toutefois ensuite souligné que "la satisfaction s'accompagne d'une légitime prudence parce que, instruits par l'Histoire, nous savons que les Parlements peuvent ne pas se retrouver dans l'accord". Mais "je veux croire que Boris Johnson aura une majorité pour soutenir cet accord âprement discuté", a-t-il ajouté à son arrivée au sommet européen.

"Un bon compromis"

Les députés britanniques ont approuvé la tenue d'une séance exceptionnelle samedi sur le nouvel accord, mais le vote s'annonce très incertain. Après la séance des 28 consacrée au Brexit, Emmanuel Macron a eu un entretien avec Boris Johnson, qui a fait part devant les autres dirigeants "de sa confiance" pour samedi, selon une source diplomatique française.

Pour Emmanuel Macron, l'accord "répond aux objectifs qui étaient les nôtres: du côté européen, de défendre l'intégrité du marché unique et la liberté, et du côté britannique d'avoir toutes les garanties pour préserver leur intégrité". "Cet accord apparaît comme un bon compromis", a-t-il ajouté, saluant le "travail de très grande qualité" réalisé par le négociateur européen Michel Barnier et son équipe.

"Nous avons été efficaces en étant unis et clairs sur les principes"

Pour la présidence française, la fermeté d'Emmanuel Macron au dernier sommet de juin, au cours duquel il avait refusé un long report du Brexit a "été déterminante": "la décision de fixer la date limite au 31 octobre a mis la pression" sur les différentes parties pour trouver un accord.

"S'il y a une leçon à tirer, c'est que nous, Européens, avons été efficaces en étant unis et clairs sur les principes. Car une bonne négociation, c'est celle qui est menée sans ambiguïté", a-t-on précisé dans l'entourage du président.

En marge du sommet, qui se termine vendredi, Emmanuel Macron a également des consultations en vue de la nomination d'un nouveau candidat français pour le poste de commissaire après le rejet par les eurodéputés de Sylvie Goulard. "La France proposera évidemment son commissaire mais il est important qu'il y ait toutes les conditions qui soient prêtes. Les prochains jours permettront au président du Parlement européen et à la présidente de la Commission, de clarifier ces éléments avec toutes les forces politiques", a-t-il indiqué. Son choix est attendu prochainement, une fois le sommet passé.

P.L avec AFP