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Brexit: l'UE exhorte le Royaume-Uni à "jouer cartes sur table"

Charles Michel à Bruxelles.

Charles Michel à Bruxelles. - AFP

Alors que les négociations sur la relation commerciale post-Brexit sont toujours dans l'impasse, le président du Conseil européen, Charles Michel, a prévenu que l'UE préférait "un accord" avec le Royaume-Uni "mais pas à n'importe quel prix".

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé ce mercredi le Royaume-Uni à "jouer cartes sur table" dans la négociation sur la relation commerciale post-Brexit, toujours dans l'impasse, lors d'un échange téléphonique avec le Premier ministre britannique Boris Johnson.

"L'UE préfère un accord, mais pas à n'importe quel prix", a-t-il tweeté. "Il est temps pour le Royaume-Uni de jouer cartes sur table", a-t-il ajouté alors que les Européens reprochent à Londres de n'être toujours pas entré dans le noyau dur des négociations et de laisser planer le spectre d'un "no deal".

Une source européenne a précisé que ce coup de fil d'une vingtaine de minutes avait permis aux deux dirigeants de faire "un état des lieux" des discussions. "Nous continuons à insister sur un accord qui serait bon pour les deux parties et pressons le Royaume-Uni de bouger, mais nous ne sommes sûrs de rien", a-t-elle ajouté. Selon une deuxième source, c'est Boris Johnson qui a demandé à parler à Charles Michel.

"Mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord", a tweeté dans la foulée le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune. Downing Street a réagi de son côté en affirmant que le Royaume-Uni était "prêt" à faire face à un échec des négociations.

L'Europe trop stricte sur la pêche?

"Nos priorités sont nettes et fermes: pêche, concurrence équitable, et des règles claires pour faire respecter l'accord", a également indiqué Clément Beaune. Ces trois sujets sont ceux sur lesquels les négociateurs butent depuis l'ouverture des discussions en mars. La pêche est particulièrement sensible pour la France et une poignée d'autres Etats membres comme l'Espagne, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, qui espèrent un statu quo dans l'accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques, très poissonneuses.

Plusieurs diplomates d'autres pays -qui n'ont aucun intérêt pour ce sujet- jugent cependant l'UE "trop stricte". Lors d'une réunion avec les Etats membres mercredi après-midi, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, les a appelés à être "plus réaliste" dans la position de négociation sur ce sujet, selon une source diplomatique. Européens et Britanniques négocient depuis mercredi à Londres, des échanges informels qui doivent se poursuivre jusqu'à vendredi.

Londres a fixé la date-butoir du 15 octobre, date d'un sommet européen à Bruxelles, pour trouver un accord. Cette date a été réitérée ce mercredi par Boris Johnson.

P.L. avec AFP