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Un ex-candidat FN au coeur des liens troubles entre Lafarge et Daesh

Lafarge est accusé d'avoir indirectement financé Daesh

Lafarge est accusé d'avoir indirectement financé Daesh - Franck Fiffe - AFP

Jean-Claude Veillard, le responsable sûreté du cimentier, figurait en cinquième position sur la liste de Wallerand de Saint-Just aux municipales de 2014 de Paris. Selon Mediapart, il aurait supervisé le marchandage financier entre le groupe et l'organisation terroriste.

Alors que Marine Le Pen a fait de la lutte contre le terrorisme une priorité de son programme pour la présidence de la République, le FN voit son nom être mêlé au passé trouble de Lafarge.

En juin 2016, le journal Le Monde révélait que le cimentier avait indirectement financé Daesh entre 2013 et 2014, pour s'assurer que sa cimenterie à Jalabiya (Syrie) puisse continuer de fonctionner. Une enquête judiciaire a été ouverte en septembre 2016, et en mars dernier le groupe du CAC40 a reconnu avoir conclu des arrangements "inacceptables", ayant remis des fonds "à des tierces parties afin de trouver des arrangements avec un certain nombre de groupes armés".

Municipales à Paris

Le rapport avec le Front national? Selon Médiapart, Jean-Claude Veillard, directeur sûreté du cimentier, aurait supervisé le marchandage financier avec les intermédiaires évoqués plus haut. Or Jean-Claude Veillard est également, selon le site d'information, "un militant d'extrême droite engagé" qui figurait en cinquième position sur la liste du candidat Rassemblement Bleu Marine, Wallerand de Saint-Just (actuel trésorier de campagne de Marine Le Pen), pour les élections municipales de 2014 à Paris. À cette période, Lafarge était encore en train de négocier avec Daesh.

Médiapart affirme, documents à l'appui, que Jean-Claude Veillard aurait eu une "parfaite connaissance des tractations qui ont eu cours, entre 2013 et 2014". Il aurait même été en copie des courriels adressé à la direction pour chaque étape de la négociation avec les djihadistes. Ce afin de donner son avis sur les décisions prises.

Contacté par Médiapart, Jean-Claude Veillard affirme que son engagement au sein du FN reste une "affaire personnelle et privée" et n'"a rien à dire" sur le fond.

J.M.