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Trains de banlieue : 1 milliard d'euros mis au garage

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Valérie Pécresse s'élève contre la réglementation Européenne. Selon la présidente de la région Ile-de-France, une centaine de trains de banlieue neufs ne pourront pas circuler faute d'homologation.

Le plan de modernisation des transports d’île de France pourrait-il prendre du retard ? C'est ce que craint Valérie Pécresse.

La région doit réceptionner dans les mois et les années qui viennent une centaine de trains de banlieue neufs, valeur un milliard d'euros. Des "Franciliens" (Z 50000) construits par Bombardier et qui doivent venir remplacer des rames hors d'âge (lignes P,L,J,K,H...). Seulement, ces "Franciliens", dont la conception remonte à 2004, ne répondront plus aux normes européennes à partir du 16 juin prochain. 

En cause, l'entrée en vigueur du quatrième paquet ferroviaire dans lequel on trouve une mise à jour des "spécifications techniques d'interopérabilité" (STI). Des normes qui unifient les caractéristiques du matériel roulant entre les pays européens. (Système radio, charge maximale sur les essieux, compatibilité entre véhicules et infrastructures, caractéristiques géométriques...)

Une affaire d’autant plus étonnante que 250 rames du même type circulent déjà en île de France. En réalité, elles bénéficient d'une dérogation car elles ne sont destinées à rouler qu'en région parisienne.

Il faut donc obtenir une nouvelle dérogation pour les trains livrés après le 14 juin prochain.

Une situation qui exaspère Valérie Pécresse. La présidente de la région (et présidente d'Ile-de-France Mobilités) dénonce une situation "ubuesque". "Comment expliquer aux Français que des trains neufs se voient refuser le droit de circuler uniquement parce que la réglementation a changé, alors que des centaines d’autres identiques continuent de circuler ?", explique-t-elle.

Dans son entourage, on s'inquiète, car chaque mois 2 trains sont livrés par les usines de Bombardier situées à Crespin dans le Nord. Il va falloir leur trouver des zones de stockage, cela va avoir un coût et retarder de plusieurs mois le programme de modernisation des trains explique t'on.

La France en partie responsable

Comme souvent, "les responsabilités sont partagées" explique une source proche de la Commission européenne. 

En réalité, poursuit cette même source, les responsables ont la possibilité de demander une nouvelle dérogation depuis le 1er juin 2017. Or, la France a tardé et a envoyé sa demande le 18 février dernier. "Et en plus elle est incomplète"! Bruxelles a donc demandé un complément d'informations.

S'il est très difficile d'estimer la date à laquelle la nouvelle dérogation pourrait être accordée, il semble que cette situation doivent perdurer pendant quelques mois. Contactée, la SNCF chargée du processus d'homologation des trains n'a pas répondu.