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Taxe sur les transactions financières: Bruxelles relance le débat

La taxe européenne sur les transactions financières est au point mort depuis un an.

La taxe européenne sur les transactions financières est au point mort depuis un an. - -

Le commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta, a appelé mardi 4 février à "progresser" sur le dossier de la taxe sur les transactions financières. Depuis un an, les discussions n'ont pas avancé.

"Il est temps que tous les partisans de la taxe sur les transactions financières se lèvent et s'unissent pour progresser. Cela signifie s'adapter à la situation actuelle et trouver un moyen d'avancer". C'est l'appel formulé par le commissaire européen devant les eurodéputés au Parlement, ce mardi 4 février.

Algirdas Semeta exhorte les Etats-membre à progresser sur ce sujet, enlisé depuis un an maintenant. La France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique et l'Espagne font partie des onze pays qui se sont prononcés pour la mise en place d'une telle taxe. Le Royaume-Uni, lui, s'y oppose.

La Commission européenne a présenté en février 2013 un projet de taxe qui pourrait, selon elle, rapporter jusqu'à 35 milliards d'euros par an. Il prévoyait une ponction de 0,1% sur les actions et obligations et de 0,01% sur les produits dérivés. Mais la proposition a suscité un tollé auprès des places financières européennes et de certains gouvernements de l'Union.

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"L'establishment de Bercy s'oppose au principe même d'une taxe"

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, avait lui-même estimé que cette taxe n'était "pas viable" et posait un "énorme risque" pour les pays qui l'adopteraient. L'exécutif français avait aussi fait part de ses inquiétudes sur les potentielles délocalisations qui pourraient résulter de l'application de cette taxe.

Berlin, qui s'était également dite hostile au projet de la Commission, a révisé sa position depuis l'entrée dans le gouvernement de coalition des sociaux-démocrates. Les deux pays ont annoncé fin janvier leur intention de relancer le projet, "avec un réalisme qui permette à cette taxe d'être effective", a alors promis le ministre français des Finances, Pierre Moscovici.

Mais selon l'eurodéputé belge Philippe Lamberts (Verts) ce mardi, "l'establishment de Bercy s'oppose au principe même d'une taxe".

Le vice-Premier ministre grec Evangélos Vénizélos, dont le pays préside le Conseil de l'Union européenne ce semestre, a assuré ce mardi que le projet ferait partie de ses priorités. Athènes fait partie des 11 qui participent à la coopération renforcée.

N.G. avec AFP