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Tafta: l'ultimatum de la France

Matthias Fekl menace d'arrêter les négociations.

Matthias Fekl menace d'arrêter les négociations. - Thomas Samson - AFP

Le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, demande que l'état d'esprit autour des négociations du Traité de commerce transatlantique change rapidement. Sinon la France laissera tomber.

Matthias Fekl veut que les choses changent, et vite. "Il faut qu'il y ait des changements substantiels dans l'esprit général, c'est-à-dire la confiance, la réciprocité, l'accès aux documents" sur les négociations autour du Traité de commerce transatlantique, a-t-il déclaré sur BFMTV et RMC. "Sinon la France abandonnera les négociations". Matthias Fekl avait déjà mis en garde fin septembre dans un entretien à Sud-Ouest contre le risque d'"arrêt pur et simple" des négociations par la France, sans donner de date butoir pour cela.

Le traité est négocié par la Commission européenne, au nom des 28 pays membres de l'UE. "Si en Europe, la France ne souhaite pas qu'une négociation majeure se fasse, elle ne se fait pas. Nous sommes un pays souverain", a martelé Matthias Fekl, mercredi, en assurant que la France avançait "avec d'autres pays (...) pour avoir une démarche la plus commune possible". "Le débat est très vif en Allemagne, et les questions se posent aussi pour le gouvernement allemand", a-t-il ajouté. "Il y a le 11e tour de négociations qui s'ouvre dans quelques jours à Miami, nous allons voir l'état d'esprit à ce moment-là."

"Il faut aller beaucoup plus loin"

Mais "si dans un avenir raisonnable, c'est-à-dire dans le courant de l'année prochaine, les choses ne changent pas sérieusement, les négociations s'arrêteront", a continué Matthias Fekl. Le Tafta (TTIP en anglais), en négociation depuis deux ans, prévoit la levée d'un grand nombre de barrières économiques entre les Etats-Unis et l'Europe. Il suscite de nombreuses inquiétudes, en raison de l'impact qu'il pourrait avoir sur l'agriculture ou l'environnement, mais aussi sur le manque de transparence qui entoure les négociations. "Nous avons obtenu avec d'autres Etats européens la transparence du mandat de négociation qui était secret".

Mais "il faut aller beaucoup plus loin", a martelé Matthias Fekl, en invitant les Etats-Unis à plus de "réciprocité" dans les négociations. "L'Europe fait proposition sur proposition. Il n'y a aucune contre-proposition américaine sérieuse sur la table aujourd'hui", a-t-il ajouté, évoquant des points de friction "sur la transparence, sur la question des tribunaux privés" mais aussi sur "l'accès aux marchés publics américains". S'il voit le jour, le Tafta sera le plus grand accord commercial au monde, touchant un marché de 850 millions de consommateurs.

D.L. avec AFP