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Sommet européen : marchandages complexes pour les "top jobs"

Angela Merkel et Emmanuel Macron au Conseil européen de Bruxelles, le 20 juin 2019

Angela Merkel et Emmanuel Macron au Conseil européen de Bruxelles, le 20 juin 2019 - AFP - Kenzo Tribouillard

Présidence de la Commission européenne, du Conseil européen ou encore de la Banque centrale européenne… Les 28 Etats-membres doivent désormais désigner les personnalités-clés de l'UE.

La nuit s'annonce longue... Ce dimanche soir, les dirigeants européens vont tenter de boucler les longues tractations autour des "top jobs" de l'Union européenne. Des marchandages complexes entre Français et Allemands, Libéraux et conservateurs…

Concrètement, 5 présidences sont à pourvoir : la Commission européenne, le Conseil européen, la Banque centrale européenne, le Parlement européen et la diplomatie européenne.

Le poste le plus important concerne la présidence de la Commission européenne, l'organe exécutif qui détient le quasi-monopole de l'initiative législative. Le processus des « spitzenkandidaten » a, depuis longtemps, été balayé par Emmanuel Macron. Cette prime au parti vainqueur des élections européennes devait porter l'Allemand Manfred Weber à ce poste. Le président français réclame un profil plus expérimenté et, selon l'AFP, le patron du Parti populaire européen (PPE, droite) aurait accepté d'y renoncer (non sans conditions).

Fracture européenne

Dans ce cas, qui pour prendre la tête de la Commission ? Un nom revient depuis plusieurs mois, celui de Michel Barnier, membre du PPE mais Macron-compatible. Surtout, son travail comme négociateur dans le cadre du Brexit a été apprécié. Problème, si Berlin sacrifie son candidat, ce n'est pas pour le remplacer par un Français, fait-on savoir dans les couloirs de Bruxelles. L'Allemagne pourrait lâcher du lest si elle obtient la présidence de la BCE pour son candidat le président de la Bundesbank (Banque centrale allemande) Jens Weidmann. Mais, cette fois, c'est la France et plusieurs pays du sud qui ne veulent pas de ce candidat, réputé pour son orthodoxie monétaire.

L'autre solution serait donc de trouver un troisième candidat du PPE pour la Commission. Plusieurs noms d'Européens de l'Est sont cités : le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite ou encore la Bulgare Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale (également citée pour être cheffe de la diplomatie).

Ménager les sensibilités

A moins que le "top job" ne revienne à un social-démocrate. En l'occurrence, le PPE pourrait accepter la nomination du Néerlandais Frans Timmermans, actuel vice-président de la Commission. Le PPE réclamerait, en échange, la présidence du Parlement européen et celle du Conseil européen. Reste que Frans Timmermans s'est attiré les foudres des régimes populistes en lançant des procédures contre la Pologne et la Hongrie. Enfin, la candidature de la Danoise Margrethe Vestager, cheffe de file des Libéraux, pourrait être une ultime solution de repli.

Du côté du Conseil européen, deux noms circulent : celui du président roumain Klaus Iohannis, membre du PPE, et celui du Premier ministre belge Charles Michel pour les Libéraux. En réalité, le nom de celui ou celle qui prendra la tête de la Commission déterminera ensuite les noms des personnalités pour les autres postes : les Etats-membres devront prendre en compte les origines géographiques et contenter les trois principales forces politiques européennes. Les négociations pourraient donc se terminer au matin…