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Salaires : augmentations en vue l'an prochain

Selon le cabinet Alixio, une grande entreprise sur deux prévoit d'augmenter d'au moins 2,5% l'enveloppe dédiée aux augmentations de salaire, sans faire de différence entre les cadres et les autres salariés.

L’inflation grimpe en France. Et cette envolée des prix met sous pression les employeurs engagées dans leurs discussions annuelles obligatoires (NAO) autour de l'évolution à venir des remunérations. Dans les grandes entreprises, ceux qui décident du montant de l’enveloppe à consacrer aux augmentations ont d'ores et déjà prévu d’être plus généreux que l’année dernière.

Selon le cabinet Alixio qui a interrogé 35 grands groupes de plus de 10 000 salariés, une entreprise sur deux prévoit d’augmenter ses salariés d’au moins 2,5%. En 2021, la médiane se limitait, toujours selon Alixio, à 1,5% pour les cadres et à 1,4% pour les autres salariés. Et cette année, dans l'enveloppe globale, la part consacrée aux augmentations générales (hors promotions et revalorisations individuelles) est celle qui progresse le plus.

Chez Sanofi, l'augmentation de 2,35% proposée par la direction ne passe pas

Une entreprise sur deux prévoit des augmentations générales d’au moins 1,5%. Par ailleurs, dans la négociation avec les représentants du personnel, les grandes entreprises comptent mettre en avant, la participation et l’intéressement. Un groupe sur deux prévoit une hausse de leurs montants en 2022.

Cette hausse sera-t-elle suffisante pour convaincre les syndicats de signer? Tout dépend des entreprises et des secteurs d'activité. Mais d'une façon générale, les négociations sont plus tendues. Avec, dans certains cas, des appels à la grève. C'est le cas chez Sanofi, où les syndicats reprochent, entre autres, à la direction la faiblesse de l'enveloppe dédiée aux augmentations.

Pour FO, le compte n'y est pas. Dans sa troisième et dernière proposition, Sanofi propose une hausse de la masse salariale de 2,35%, avec notamment une augmentation générale de 1% qui, selon ce syndicat, ne concernerait que 38% de l’effectif.

Accord chez Auchan pour une hausse moyenne de 2,2%

De son côté, la direction d'Auchan, également confrontée à des appels à la grève, est parvenue à convaincre deux syndicats majoritaires (CFTC et CFE-CGC) de signer un accord prévoyant une hausse moyenne des salaires de 2,2% dès le 1er janvier. Jusqu’à 4% d’augmentation pour certaines catégories d’emploi. Un doublement de l’indemnité inflation décidée par le gouvernement, donc 100 euros de plus. Et la remise sur les achats en magasin qui passe à 15%.

La pression monte aussi du côté des PME et des petites entreprises. Avec un contexte un peu différent. A la différence des grands groupes, leurs bénéfices sont généralement moins significatifs. Et le poids des syndicats y est moins important. Mais il ne faut pas négliger le rôle des négociations au sein des branches professionnelles.

Forte augmentation des minimas par fonction dans l'hôtellerie-restauration

C'est dans ce cadre collectif qu'est revalorisé le niveau minimum des salaires selon les métiers, l’ancienneté, le niveau de qualification. Et dans les secteurs qui connaissent des pénuries de personnel, la tendance est clairement à la revalorisation de ces minimas. C'est le cas en particulier dans l’hôtellerie-restauration.

La CFDT, le syndicat majoritaire, a approuvé ce mardi les propositions des organisations patronales. Elles prévoient une hausse moyenne des salaires de la grille de 16,3%. Et un salaire minimum correspondant au Smic +5%, c’est-à-dire plus de 11 euros de l’heure.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco