BFM Business

Retraites: Martinez accuse Macron de "diviser", Berger veut que le gouvernement "apaise"

Image d'illustration

Image d'illustration - Sebastien Galom - AFP

Le secrétaire général de la CGT a accusé dimanche le président Emmanuel Macron de vouloir "diviser les Français" sur la réforme des retraites, tandis que son homologue de la CFDT a estimé que le gouvernement se devait d'"apaiser" avant le 5 décembre.

Interrogé lors du Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a indiqué qu'il se rendrait mardi à Matignon, où syndicats et patronat sont reçus à partir de lundi. Il a demandé qu'on arrête "cette petite musique" selon laquelle sa centrale refuserait le dialogue. Il a prédit que la mobilisation contre un système universel de retraites à points serait "très massive" et qu'elle irait "bien au-delà des régimes spéciaux".

L'exécutif a durci le ton au sujet de la grève du 5 décembre, qui selon Emmanuel Macron mobilise "avant tout" les salariés bénéficiant de régimes spéciaux "d'une autre époque".

"Le président de la République, qui devrait être le président de tous les Français, essaye de diviser les Français", a fustigé M. Martinez, dénonçant une pratique d'"ancien monde" qui vise à "stigmatiser des pseudo-privilégiés".

Or selon lui la réforme des retraites va "toucher tout le monde", avec "un accroissement des inégalités, de la pauvreté". Il a espéré que les salariés se mobiliseront "jusqu'à ce qu'on retire ce mauvais projet" et précisé que "plus d'une centaine de manifestations" auront lieu en France le 5 décembre, dont une à Paris.

Laurent Berger alerte sur un "niveau de violence et de ressentiment"

A rebours, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a redit son soutien au principe d'un système universel qui "peut être bon pour tout un tas de gens". Mais "on ne peut pas changer les règles du jeu en cours de match", a-t-il souligné sur France Inter, appelant à "travailler à la transition" entre les régimes actuels et le futur système.

"Je préférerais que les choses soient claires d'ici le 5 (décembre), notamment concernant un certain nombre de régimes particuliers qui s'inquiètent. Il faut que le gouvernement apaise, il a une part de responsabilité", a estimé le responsable du premier syndicat français. Et Laurent Berger d'alerter sur un "niveau de violence et de ressentiment" dans la société "bien supérieur à ce qu'il était en 1995", lors de la longue grève contre le "plan Juppé".

Laurent Berger a redit qu'il s'opposerait à ce qu'une "mesure paramétrique" (durée de cotisation, âge de départ...) soit prise rapidement pour rééquilibrer les régimes de retraite, car "on accentuerait les inégalités".

"S'il y a en décembre ou début janvier un projet de loi qui est déposé avec une mesure paramétrique, la CFDT appellera les salariés à se mobiliser, c'est clair ?", a prévenu le numéro un de la CFDT.