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Retraite: "Il peut y avoir des solutions complémentaires ou alternatives à l'âge pivot", selon Muriel Pénicaud

La ministre du Travail a précisé, sur RMC et BFMTV, que le gouvernement était ouvert à des solutions alternatives ou complémentaires à l'âge pivot, du moment qu'un moyen de financement durable du futur système de retraite était assuré.

Interrogée à propos de la reprise des négociations sur l'avenir du système de retraite, hier mardi 7 janvier, Muriel Pénicaud, invité de RMC et BFMTV, a estimé: "il faut avancer rapidement pour avoir cette réforme complète, le 17 février à l'Assemblée nationale".

Rappelant la position du gouvernement selon laquelle le futur système de retraite par points doit être durablement équilibré, elle a constaté le statu quo syndical rejetant la proposition de fixer un âge pivot à 64 ans.

"Manifestement, les syndicats réformistes ne sont pas en accord avec cette solution. Ils considèrent qu'il y en a d'autres. Laurent Berger a proposé dimanche une conférence sur le financement qui vise à trouver des solutions pour que le système soit durable. Le Premier ministre a dit qu'il était d'accord" a ajouté la ministre du Travail.

Les modalités de la conférence sur le financement, seront discutées vendredi

"Les modalités d'organisation de cette conférence seront discutée vendredi. Il peut y avoir des solutions à ce sujet de financement durable, soit alternatives, soit complémentaires à l'âge pivot. Ce sera la conférence sur le financement qui le déterminera. Je suis persuadée qu'on trouvera un moyen de financer ce système de retraite avec plusieurs solutions s'il le faut", a ajouté la ministre du Travail.

Abordant les négociations en cours sur la prise en compte de la pénibilité dans le calcul des droits à la retraite dans la fonction publique, elle a rappelé qu'il y avait des "paramètres difficiles à mesurer" comme le port de charges lourdes, qui est aujourd'hui reconnu "par un examen médical."

Dans le secteur privé, la pénibilité est déjà prise en compte. "Il y a déjà plus d'un million de personnes qui ont des points de pénibilité qui leur permettront, soit de partir à la retraite plus tôt, soit de finir en temps partiel mais payé temps plein, soit de se former" a complété Muriel Pénicaud.

Sur la prévention de la pénibilité au travail, "on n'est pas très bon en France", a estimé la ministre du Travail. Enfin, sur la reconversion de certains professionnels exerçant un métier pénible, "nous allons examiner la possibilité d'avoir un vrai congé payé intégralement pour changer à mi-parcours vers des métiers moins difficiles" car "un couvreur ne peut pas monter sur les toits à 55 ou 60 ans", a-t-elle jugé.

Frédéric Bergé