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Plus de 7 grandes entreprises sur 10 vont distribuer la prime "Macron" défiscalisée

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- - Frédéric Massard

77% des entreprises interrogées par le cabinet Mercer assurent qu'elles vont distribuer la prime défiscalisée annoncée en décembre dernier par le président de la République pour un montant moyen de 500 euros.

La prime défiscalisée semble faire un tabac dans les grandes entreprises. Selon un sondage réalisé par la société de conseil RH Mercer, 77% des entreprises interrogées comptent distribuer la prime annoncée par Emmanuel Macron en décembre dernier. La société a interrogé 145 entreprises pour parvenir à ce résultat. Il s'agit d'entreprises clientes de la société donc de grandes entreprises françaises comme Airbus Hélicoptères ou Cegid ou de filiales françaises de multinationales comme Coca-Cola.

Les PME n'ont pas été interrogées par Mercer mais selon un sondage réalisé en janvier par OpinionWay, 56% d'entre elles comptent verser une prime annuelle à leurs salariés contre 42% qui l'affirmaient il y a un an. Un bond de 14 points qui est un "probable effet de la défiscalisation annoncée par l'exécutif", selon Challenges qui a commandé le sondage. 

Mais quel sera le montant réellement versé aux salariés? Pour rappel, pour bénéficier de la mesure, cette prime ne peut pas dépasser 1000 euros et ne doit concerner que les salariés qui gagnent moins de 4500 euros brut (3600 euros net) par mois. Dans les entreprises interrogées par Mercer, le montant médian sera de 500 euros. Mais tous les salariés ne la toucheront pas. 79% des entreprises assurent en effet qu'elles l'attribueront en fonction de critères comme la présence en 2018, la durée de travail et surtout le niveau de rémunération.

Pas de conséquence sur les augmentations de 2019

Ainsi, pour les salariés qui gagnent entre 1 et 1,5 Smic (entre 1220 euros net et 1830 euros), la prime sera en moyenne de 500 euros. Même montant pour les salariés qui gagnent entre 1,5 et 2 Smic (entre 1830 et 2440 euros net par mois). Pour ceux qui se situent entre 2 et 3 Smic (entre 2440 et 3600 euros), elle sera de 300 euros en moyenne. Pour ceux qui sont au-delà de 3 Smic (3600 euros par mois), la prime sera nulle en moyenne. Preuve que les entreprises ont voulu bénéficier du dispositif.

Et si les entreprises ont joué le jeu de la prime du pouvoir d'achat, elles ne devraient pas avoir de conséquences sur les négociations annuelles de salaires. C'est en tout cas ce qu'estime Mercer.

"Dans 74% des cas, le versement de ces primes a été le fait d'une décision unilatérale du chef d'entreprise, affirme Bruno Rocquemont, le directeur de l’activité gestion des talents de Mercer France. Les entreprises ne devraient donc pas s'en servir comme d'un levier."

D'ailleurs celles interrogées pensent augmenter les salaires de 2,2% en moyenne en 2019 contre 2% il y a un an.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco