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Lubrizol : l’industrie laitière veut reprendre le travail

"Chaque jour, 700.000 litres de lait sain sont jetés par les éleveurs" dénonce le Cniel.

"Chaque jour, 700.000 litres de lait sain sont jetés par les éleveurs" dénonce le Cniel. - LOU BENOIST / AFP

L’interprofession du lait a fait part de son impatience à reprendre la collecte de lait, et de son incompréhension à ne pas pouvoir alors que les analyses n’ont montré aucune trace de contamination.

L'interprofession laitière et les éleveurs touchés par l'incendie de l'usine chimique Lubrizol à Rouen ont fait part vendredi soir de leur incompréhension de ne pouvoir reprendre sur le champ la collecte de lait, alors que les analyses sont conformes à la réglementation.

"Il a été indiqué à la filière lors d'une réunion hier au ministère de l'Agriculture que les résultats des nombreuses analyses réalisées sur le lait depuis le début de la crise étaient conformes à la réglementation et sans trace de contamination quelles qu'elles soient", a déclaré le Cniel, l’interprofession du lait, dans un communiqué.

"Ce soir, contrairement aux annonces faites par le ministre, il semble que les services de l'Etat ne peuvent modifier les arrêtés préfectoraux et permettre la reprise de la collecte de lait avant que l'agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation, l’ANSES, n'ait publié son avis. La filière laitière appelle les autorités à prendre leurs responsabilités sans tarder", ajoute l'interprofession.

Toutes les analyses de l'ANSES favorables

"Chaque jour, c'est 700.000 litres de lait sain et apte à la consommation qui sont jetés par les éleveurs ! La situation doit être rétablie au plus vite", déclare dans ce communiqué Thierry Roquefeuil, président du Cniel.

"Le directeur de l'Anses, Roger Genet, a confirmé vendredi que les 84 analyses effectuées sur le lait depuis 15 jours sont favorables", indique dans un bref communiqué le ministère.

"Cependant, en l'absence d'un avis écrit de l'Anses confirmant ces résultats, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation n'est pas, ce jour, en capacité de lever les restrictions et de réautoriser la commercialisation du lait dans les communes concernées", ajoute le ministère.

De son côté, la fédération des producteurs de lait a fustigé les "donneurs de leçon de l'économie verte, de la lutte contre le gaspillage alimentaire", qui laissent les éleveurs "s'acharner à la besogne, pour rien".

L'avis de l'Anses, à la suite des analyses complémentaires menées sur l'ensemble des productions agricoles, sera rendu "probablement mardi ou mercredi", a précisé un de ses responsables lors d'un "comité pour la transparence et le dialogue" installé vendredi par le gouvernement, après l'incendie survenu le 26 septembre.

N.G. avec AFP