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Les agents des finances publiques en grève ce jeudi

Le ministère de l'Économie

Le ministère de l'Économie - AFP

Les agents des finances publiques étaient mobilisés ce jeudi devant les centres des impôts. Ils dénoncent les projets du gouvernement concernant leur administration et notamment les suppressions d'emplois.

"Il y a urgence!". Les syndicats Solidaires, CGT, FO, CFDT et CFTC appellent ce jeudi les agents des finances publiques à faire grève contre la "destruction" de leur administration. Un rassemblement est prévu à 14 heures devant le ministère de l'Économie et des Finances à Paris.

Mais dès ce matin, des grévistes étaient rassemblés devant certains services départementaux des finances publiques. Selon Le Dauphiné, ils étaient un peu moins d’une trentaine d’agents réunis devant le centre d’Annonay (Ardèche). Ils étaient également une centaine à Châlons-en-Champagne, d’après L’Union-L’Ardennais. Même chose à Tourcoing, ville de leur ministre de tutelle, Gérarld Darmanin. 

Plusieurs rassemblements étaient également en cours à Marseille, Strasbourg ou Toulouse, pour cette journée de mobilisation nationale à l'appel des syndicats unis sous la bannière "Même plus l'impôt sur les os". 

Derrière une banderole proclamant "Faire toujours plus avec moins, on en a marre", plusieurs centaines d'agents ont manifesté à Toulouse. Certains brandissaient des panneaux "Finances publiques, on rapporte un pognon de dingue" ou "Macron des missions". "C'est plus facile de supprimer des postes dans les Finances que dans les hôpitaux ou les écoles, mais cette casse est passée du mode artisanal au mode industriel", a expliqué Raphaël Gutierrez, un contrôleur des finances de 50 ans. 

Sites fermés en Loire-Atlantique

A Marseille, plus de 200 agents occupaient la direction régionale des finances publiques, selon un photographe de l'AFP. Ils retenaient notamment dans les locaux la déléguée du directeur général, chargée de piloter la restructuration en cours dans la région, selon Philippe Laget (CGT).

En Loire-Atlantique, "les quatre plus gros sites du département" (Pornic, Saint-Nazaire, Châteaubriant et un à Nantes) étaient fermés pour la journée sur ordre de la direction, selon Pierre-Yves Grellier (CGT). "Tout est paralysé", s'est réjoui le délégué syndical, qui craint la "tronçonneuse" dans les effectifs avec les projets à venir.

Dans le Bas-Rhin, "une dizaine de sites" étaient fermés, selon Christine Helstroffer (Solidaires), et "une cinquantaine" d'agents se sont rassemblés à Strasbourg. "Si les implantations actuelles ferment, au lieu d'avoir un interlocuteur physique", les usagers devront "appeler un numéro payant ou se débrouiller seuls sur internet", a-t-elle averti. Un rassemblement d'une trentaine d'agents s'est tenu aussi à Metz, selon la police.

"30.000 emplois" menacés dans les cinq ans à venir

Avec cette mobilisation, les syndicats entendent "décréter l'état d'urgence pour défendre les emplois, le réseau, les missions et les droits et garanties des personnels".

La DGFiP, qui a perdu "25.000 (emplois) en dix ans", devrait faire l'objet de nouvelles suppressions de postes, tandis qu'une réorganisation des implantations de proximité est en projet. "Les chiffres qui circulent laissent entrevoir la disparition de 30.000 emplois dans les trois à cinq ans à venir", déplorent les syndicats. Ils fustigent aussi "l'absence de dialogue social réel" au ministère, leurs questions étant pour l'instant "restées sans réponse" malgré leur demande "depuis des mois" d'être reçus par Gérald Darmanin.

Premier pas, ils ont reçu mercredi soir, à la veille de leur journée de mobilisation, "une convocation pour le 26 mars" pour voir le ministre, a indiqué Anne Guyot-Welke, alors qu'une nouvelle journée de grève est déjà programmée pour le 28 mars.

Paul Louis avec AFP