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L'Assurance maladie veut créer 40 millions de "dossiers médicaux partagés" en cinq ans

Les futurs DMP devront être "alimentés" par les praticiens avec le volet de synthèse médicale, les fiches de synthèses issues des bilans médicaux, et les résultats d'examen et les vaccinations.

Les futurs DMP devront être "alimentés" par les praticiens avec le volet de synthèse médicale, les fiches de synthèses issues des bilans médicaux, et les résultats d'examen et les vaccinations. - Eric Cabanis-AFP

Au moins 40 millions de dossiers médicaux partagés (DMP) créés d'ici 5 ans: c'est l'objectif de l'Assurance maladie. Serpent de mer des politiques de santé depuis 2004, ce "carnet de santé numérique" est relancé après une succession d'échecs coûteux.

Les Français auront-ils (enfin) un dossier informatisé, partagé et accessible par les professionnels de santé, contenant tout leur historique médical. C'est tout l'enjeu de de la relance du "recours large" au dossier médical partagé (DMP) -sorte de carnet de santé numérique attendu depuis 2004- qui figure au coeur de l'accord cadre interprofessionnel (Acip) signé par la Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam) et l'UNPS.

Ce dossier unique informatisé, par le partage d’informations médicales sur la patient qu’il instaure, est censé favoriser une moindre redondance des actes, et une meilleure coordination des soins. Un objectif très ambitieux de 40 millions de DMP ouverts d'ici à 5 ans a été fixé afin de "favoriser son usage auprès des patients, des professionnels de santé libéraux et des établissements de santé"

Le texte signé sous l'égide de l'Assurance maladie est destiné à favoriser la coopération entre les médecins, pharmaciens, infirmiers ou encore kinésithérapeutes libéraux, détermine pour cinq ans "les lignes directrices des prochains accords conventionnels (entre la Sécu et les libéraux, ndlr), qu'ils s'appliquent à une ou plusieurs professions", précise la Cnam dans un communiqué.

Les praticiens "incités" à créer des DMP pour leurs patients

Ces DMP devront être "alimentés" par les praticiens avec "a minima le volet de synthèse médicale, les fiches de synthèses issues des bilans" médicaux, ainsi que "les résultats d'examen (biologie, radiographie...) et les vaccinations". "Des mécanismes d'incitation à l'ouverture, à l'alimentation et à l'usage du DMP" pourront en outre "être mis en place dans les accords" passés avec chaque profession. L'un des enjeux clés sera, ici, de motiver les médecins généralistes à créer des DMP pour leurs patients alors qu'ils sont déjà surchargés.

Serpent de mer des politiques de santé depuis une quinzaine d'années, le DMP avait été relancé en 2016 par la loi Touraine, qui avait confié sa gestion à l'Assurance maladie, après une succession d'échecs coûteux, épinglés par la Cour des comptes. Cette "reprise" en main du DMP par la CNAM (Caisse nationale d'assurance maladie) est effective depuis le 1er janvier 2017.

Son déploiement sur tout le territoire doit être annoncé début novembre 2018, après une phase de tests dans une dizaine de départements.

F.Bergé avec AFP