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Chômage: les allocations vont-elles finalement baisser au 1er juillet?

Fin mai, la ministre du Travail avait assuré qu'il n'y aurait "pas un demandeur d'emploi dont l'indemnité va baisser au 1er juillet." Mais cela ne concernera que ceux qui touchent déjà l'allocation.

Le 1er juillet prochain, c'est l'entrée en vigueur de la controversée réforme de l'assurance-chômage. En réalité, la crise a rebattu un certain nombre de cartes, le gouvernement cherchant à temporiser sur ces mesures, qui impliquent notamment une baisse de l'allocation chômage. Le 30 mai dernier, la ministre du Travail Elisabeth Borne avait ainsi assuré sur France Inter qu'il n'y aura "pas un demandeur d'emploi dont l'indemnité va baisser au 1er juillet."

Parmi les mesures de la réforme, qui entrera en application de façon progressive, le nouveau calcul des conditions d'ouverture des droits a fait particulièrement bondir les syndicats. Concrètement, l'idée est d'indemniser moins mais plus longtemps pour éviter certaines situations où un salarié peut gagner plus en alternant les contrats courts et les périodes d'indemnisation qu'en travaillant à temps plein.

Si l'exécutif a beaucoup tergiversé sur l'entrée en vigueur de la réforme, compte tenu de l'impact de la crise, le nouveau calcul entrera bien en vigueur le 1er juillet, comme l'a précisé un décret du 30 mars dernier.

En revanche, il ne concernera pas ceux dont les droits ont été ouverts avant cette date. Factuellement, aucun allocataire actuel ne verra son aide baisser. La réforme n'est pas rétroactive et ne concerne donc que les droits ouverts après le 1er juillet, sauf si le demandeur connaît un changement de situation (entrainant donc un recalcul).

Allongement de la durée d'indemnisation

Ce sont donc bien les nouveaux chômeurs qui seront concernés, soit environ 1,15 million d'allocataires, selon les dernières projections de l'Unédic, qui toucheront une allocation journalière plus faible (de 17 % en moyenne) qu'avec les anciennes règles.

Avec tout de même un plancher: le salaire journalier de référence (SJR) baissera de 43% maximum. En revanche, la durée théorique d’indemnisation s’établirait dès lors à 14 mois en moyenne, contre 11 mois avec les règles d’avant réforme, précise l'Unédic.

Durée théorique, puisque dans la très grande majorité des cas, les demandeurs d'emploi indemnisés ne consomment pas l'intégralité de leurs droits. En 2019, ils ont utilisé en moyenne 68% de leurs droits et 7 allocataires sur 10 ont même été indemnisés moins d'un an.


A ce nouveau calcul, va aussi s'ajouter une dégressivité pour les hauts revenus (dont le salaire s'établissait à 4500 euros brut environ) à partir du 9ème mois (cela passera au 7ème en cas d'amélioration de la situation de l'emploi). En revanche, le durcissement des conditions d'ouvertures est reporté. Il faudra toujours avoir travaillé 4 mois sur les 28 derniers mois, et non pas 6 mois comme prévu par la réforme, pour être indemnisé.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business