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Réforme de l'assurance chômage: qui sera le plus pénalisé, quelles économies pour l'Etat?

Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité progresserait de 47.000 l'an prochain selon l'Unédic

Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité progresserait de 47.000 l'an prochain selon l'Unédic - Philippe Huguen - AFP

Suite à la publication de la version définitive du décret réformant l'Unedic, cette dernière publie une nouvelle étude d'impact.

Le décret mettant en oeuvre la réforme controversée de l'assurance chômage à compter du 1er juillet, avec certains aménagements et délais, a été publié le 31 mars dernier.

Il confirme l'entrée en vigueur au 1er juillet de la modification du calcul du salaire journalier de référence (SJR, base de l'allocation), avec un mécanisme de plancher. La réforme crée aussi, comme prévu, un "bonus-malus" sur la cotisation d'assurance chômage des entreprises de secteurs grands consommateurs de contrats précaires.

17% d'allocation en moins mais pendant 14 mois au lieu de 11

Suite à la publication de ce texte, l'Unedic a mis en ligne une seconde étude d'impact de la réforme en essayant de répondre à deux questions: qui sera le plus touché et quelles seront les économies pour l'Etat?

Concernant les allocataires, l'Unedic confirme sa première évaluation. "1,15 million d'allocataires ouvriront un droit avec une allocation journalière plus faible (de 17% en moyenne) qu'avec les règles en vigueur jusqu’alors, tandis que la durée théorique d’indemnisation s’établirait à 14 mois en moyenne, contre 11 mois avec les règles d’avant réforme", peut-on lire. Ce qui correspond à la philosophie mise en avant par le gouvernement: des allocations moins élevées mais plus longues.

Parmi ces allocataires, 365.000 personnes auraient une baisse d’allocation limitée par le dispositif du plancher, ajoute l'organisme.

Avec le passage à 6 mois d’affiliation minimum (qui entrera en vigueur après "retour à meilleure fortune"), 190.000 personnes n’ouvriraient pas de droit dans les 12 premiers mois suivant l’entrée en vigueur de la mesure et 285.000 personnes verraient leur ouverture de droit retardée, de 5 mois en moyenne.

Selon l'Unédic, les jeunes seront particulièrement affectés par la réforme: 22%% des moins de 25 ans dans les 2,8 millions de personnes qui ouvriront un droit à chômage entre juillet 2021 et juillet 2022 et 30% de ceux affectés par la réforme du calcul du SJR.

Côté économies budgétaires, une fois l’ensemble des mesures montées en charge, "la réforme conduirait à des moindres dépenses de 2,3 milliards d'euros par an". Mais le contexte appelle à la prudence.

"Les effets financiers attendus pour 2022 sont conditionnés à la date de retour à meilleure fortune. En cas d’application des mesures de dégressivité et de condition d’affiliation minimale à 6 mois au 1er janvier 2022, les moindres dépenses s’élèveraient à 1,9 milliard d'euros ; en cas d’application de ces mesures au-delà de 2022, les moindres dépenses seraient de 1,2 milliard d'euros", nuance l'Unedic.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business