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"Block Friday": l'entrepôt d'Amazon de Brétigny-sur-Orge bloqué par des militants écolos

Plusieurs dizaines de militants de mouvements écolos ont bloqué jeudi après-midi un centre de distribution du géant Amazon en région parisienne, pour dénoncer les atteintes à l'environnement engendrées par la "surconsommation" liée notamment au "Black Friday" prévu vendredi.

La tension monte sur le Black Friday, en général et Amazon en particulier. Ce jeudi, veille de cette journée de promotions venue des Etats-Unis, un groupe de plusieurs dizaines de militants de mouvements écolos ont bloqué le centre de distribution du groupe américain basé à Brétigny-sur-Orge (Essonne). Par cette action, ils veulent dénoncer les atteintes à l'environnement engendrées par la "surconsommation". 

Ces militants des groupes ANV-COP21 et Amis de la Terre ont déployé des banderoles "Amazon: pour le climat, pour l'emploi, stop expansion, stop surproduction". Pour bloquer les accès au centre, certains ont installé des bottes de pailles, formé des barrages avec de vieux appareils électroménagers tandis que d'autres se sont allongé par terre en s'enchaînant volontairement les bras avec des "armlocks" (procédé qui vise à entraver leur évacuation, ndlr). Ils laissaient par contre entrer et sortir les employés du centre.

Un soutien politique anti-Black Friday

Plusieurs organisations ont appelé à des actions ces prochains jours, et notamment vendredi, pour protester contre la surconsommation induite par cette journée, ainsi que la pollution représentée par les millions de livraisons qu'elle engendrera, pour des produits dont beaucoup seront in fine retournés, selon ces militants.

La polémique a rebondi sur le terrain politique, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne ayant dans la foulée alerté lundi sur BFM Business contre "la frénésie de consommation" et la pollution que génère le "Black Friday". Le Conseil du commerce de France, qui réunit 31 fédérations de commerçants, avait déploré ces critiques et le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Woerth (LR) a dénoncé une "polémique inutile".

De son côté, Delphine Batho, député écologiste des Deux-Sèvres, a proposé un amendement, adopté ce 25 novembre à l'assemblé, visant à introduire le Black Friday. Dans son texte, elle le qualifie de "vaste opération à la gloire du consumériste importée des Etats-Unis". Elle pointe aussi, comme Anne Hidalgo à Paris, une volonté de détourner la législation encadrant les soldes et les conséquences environnementales provoquées par les véhicules de livraison. 

La note de Mounir Mahjoubi

Enfin, Amazon a été mis sur le devant de la scène anti Black Friday depuis la publication par Mounir Mahjoubi, député LREM du 19ème arrondissement de Paris, d'une note qui avance que chaque emploi créé par la filiale française du groupe américain, cause la destruction de plus de deux emplois chez les commerçants. Ces chiffres sont au coeur de l'argumentation de la maire de Mondeville dans le Calvados pour s'opposer à l'installation d'un entrepôt d'Amazon et de la création de 150 emplois.

Pour sa défense, Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, a rappelé qu'en France Amazon emploie 9300 salariés et qu'en 3 ans, 5000 CDI ont été créé. "Sans compter les dizaines de milliers d'emplois dans la logistique", précise Frédéric Duval. La firme va par ailleurs embaucher 9000 intérimaires pour les fêtes de fin d'année.

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Black Friday

Pascal Samama avec AFP