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Mounir Mahjoubi accuse Amazon de détruire plus d'emplois qu'il n'en crée en France

A l'occasion des fêtes de fin d'année, Mounir Majoubi, député LREM, attaque Amazon en l'accusant de détruire des emplois et ne pas payer d'impôts

A l'occasion des fêtes de fin d'année, Mounir Majoubi, député LREM, attaque Amazon en l'accusant de détruire des emplois et ne pas payer d'impôts - Joël Saget - AFP

A l'occasion des fêtes de fin d'année, l'ancien secrétaire d'Etat au numérique attaque Amazon. Dans une note, il affirme que pour chaque emploi que le géant américain crée en France, le commerce de détail en perd plus de deux.

C'est une attaque en règle contre Amazon que Mounir Mahjoubi a lancée ce vendredi. L'ancien secrétaire d'Etat au numérique publie une note intitulée "Amazon: vers l'infini et Pôle Emploi" dans laquelle il accuse la plateforme de vente en ligne de "détruire plus d'emplois qu'elle n'en crée". "Pour un emploi créé chez Amazon, le commerce de proximité a perdu 2,2 emplois", affirme-t-il.

Cette accusation repose sur des estimations d'activités en 2018. Selon ces calculs, Amazon aurait détruit 7.900 emplois cette année là. Il obtient ce chiffre "en déduisant les embauches d'Amazon et des vendeurs tiers aux suppressions d'emplois dans le commerce physique à cause des activités du site d'achat", soit 20.239 emplois perdus pour 12.337 emplois créés. Selon Mounir Mahjoubi, "cette perte est imputable à l’activité retail d’Amazon, plus qu’à sa marketplace".

"Il y en a marre"

Mais comment l'ancien ministre parvient-il à calculer les emplois détruits par Amazon, alors qu'une boutique physique peut fermer ou supprimer des emplois pour des raisons très diverses (obsolescence de son activité, concurrence de la grande distribution, évolution démographique...)? 

Dans sa note, Mounir Mahjoubi explique partir du chiffre d'affaires d'Amazon en France. Il estime alors, comme si le gâteau de la consommation était fixe, que "les commerces traditionnels sont privés d’un chiffre d’affaires équivalent". En rapportant ce chiffre d'affaires à la productivité moyenne du travail dans ces commerces, il en déduit le nombre d'emplois "supprimés". 

Note Amazon Mounir Majoubi
Note Amazon Mounir Majoubi © Note Mounir Majoubi

Le député du 19e arrondissement de Paris rappelle que le groupe a réalisé en France un volume d'affaires de 5,5 milliards d'euros, selon une estimation de Kantar Worldpanel. "Il y en a marre [...], Amazon ne paye pas ses impôts et Amazon détruit de l'emploi", a-t-il lancé ce matin sur France Info. Ces chiffres sont-ils justes, sachant qu'Amazon ne les a jamais confirmé? Nous avons contacté la filiale française du groupe américain qui ne nous a pas répondu. 

"Le pire qu'on puisse faire pour Noël"...

Le groupe américain a pourtant embauché à tour de bras ces dernières années. Entre 2015 et 2019, le nombre de CDI chez Amazon est passé de 3000 pour atteindre 9300 postes en fin d'année, soit une progression de près de 300% en 4 ans. Entre 2018 et 2019, l'effectif a augmenté de 24%. Par ailleurs, lors des fêtes de fin d'année, elle a annoncé il y a quelques jours l’embauche de 9000 intérimaires dans ses différents site: en Île-de-France (Vélizy, le Blanc-Mesnil, Bonneuil-sur-Marne, Osny, Brétigny-sur-Orge et Survilliers), Hauts-de-France, Loiret et Saône-et-Loire. 

Pour Mounir Mahjoubi, cette réalité ne doit pas masquer les conséquences de la puissance d'Amazon sur l'économie française. Il signale dans sa note que le groupe attire en France 21 millions de clients qui ont dépensé en moyenne 312 euros en 2018. "Le pire qu'on puisse faire pour Noël, c'est d'acheter des cadeaux made in China chez une entreprise en ligne américaine qui ne paye pas ses impôts en France", assène le député LREM.

"Les alternatives locales ne manquent pas! Les PME françaises ont aussi des boutiques en ligne. Et elles sont foncièrement plus humaines. Les Français doivent penser à elles pour leurs achats", en signalant le lancement du Noël des PME, une initiative du ministère de l'Economie. Cette opération recense les boutiques en ligne des commerçants français. "Cette année, c'est 100 milliards d'euros dépensés en ligne" annoncés pour les fêtes. "Moi je dis au consommateur : décidez où ils vont, s'ils vont à l'emploi près de chez vous". 

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco