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Destructions d'emplois: Amazon réfute les accusations de Mounir Mahjoubi

Attaqué sur l'impact de son activité sur l'emploi et accusé d'aggraver la pollution en ville notamment lors de l'afflux de commandes pour le Black Friday, le patron d'Amazon a réagi sur BFMTV.

L'Amazon bashing bat son plein ou le groupe américain est-il mis face à ses responsabilités? Depuis quelques jours, la filiale française du géant américain est pointée du doigt. Pas seulement sur la fiscalité, mais à cause de ses effets négatifs sur l'emploi et des conséquences environnementales des millions de produits livrés aux clients.

Mounir Mahjoubi, député LREM du 19e arrondissement et ancien secrétaire d'Etat au numérique, accuse le groupe de détruire en France deux fois plus d'emplois qu'il n'en crée. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique pointe elle la pollution créée par la profusion de produits livrés en ville.

Ce mardi, sur BFMTV, Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, a réagi. Concernant l'emploi, il rappelle les faits. 

"Nous avons créé 5000 emplois direct sur trois ans, sans compter les dizaines de milliers d'emplois dans la logistique", a rappelé le dirigeant en précisant le nombre de CDI: 1800 en 2017, 2000 en 2018 et 1800 en 2019.

Par ailleurs, le groupe a annoncé début novembre le recrutement de 9000 intérimaires pour les fêtes de fin d'année.

Pour Frédéric Duval, Amazon permet aussi aux entreprises françaises de développer leur activité.

"C'est la possibilité pour toutes les PME d'avoir accès à une zone de chalandise nationale et européenne et de se développer à l'export. On a en France 10.000 PME qui vendent par l'intermédiaire d'Amazon et qui ont exporté environ 350 millions d'euros en 2018", indique-t-il. "On a créé cette croissance", affirme le le patron d'Amazon France en appuyant que selon lui, "l'ecommerce est une réelle chance pour la France".

Pour Elisabeth Borne, cette croissance a des conséquences néfastes sur l'environnement. Ce lundi, sur BFM Business, la ministre de la Transition écologique et solidaire notait qu'Amazon fait surtout la promotion de la surconsommation, notamment lors du Black Friday, cette semaine de promotion sur les sites de vente en ligne.

"C'est un frénésie de consommation, à coup de remises et de publicité on vous incite à acheter des produits dont vous n'avez pas besoin". 

La ministre a rappelé que l'an dernier, le Black Friday a généré la livraison d'un million de colis dans Paris en s'appuyant sur un rapport des associations Attac et les Amis de la Terre ainsi que l'Union syndicale Solidaires qui dénonce l'impact social et environnemental du géant de la distribution en ligne Amazon.

Ce lundi, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris, ont annoncé leur volonté de réguler et de taxer l’e-commerce dans la capitale en visant particulièrement Amazon qui est qualifié de "prédateur". Le motif, cette activité, comme celle d'Uber Eats ou Deliveroo, est "facteur de précarisation, source de congestion et de pollution". 

Les Français soutiennent-ils ces argument? Selon une enquête menée par Cofidis en partenariat avec Rakuten, le budget moyen des Français pour Noël sera de 549 euros, en baisse de 22 euros. En revanche, le budget cadeaux augmente et plus de la moitié des paquets déposés sous le sapin auront été achetés en ligne. Pour les consommateurs, les vendeurs en ligne, Amazon compris, offrent un choix plus large et de meilleurs prix. En revanche, ils favorisent les points de vente physique pour obtenir des avis et se faire conseiller et pour s’assurer d’avoir leur cadeau à temps.

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Black Friday

Pascal Samama