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Assurance chômage: la poursuite de la réforme suspendue aux négociations avec les syndicats

Le deuxième volet de cette réforme, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, a été reporté par le gouvernement au 1er septembre. Il durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage, ce qui concerne en premier lieu les travailleurs précaires.

Le deuxième volet de cette réforme, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, a été reporté par le gouvernement au 1er septembre. Il durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage, ce qui concerne en premier lieu les travailleurs précaires. - AFP

Des discussions sur l'assurance-chômage vont s'ouvrir "dans les semaines qui viennent" avec les organisations syndicales et patronales, pour parvenir à des décisions "d'ici l'été", selon Muriel Pénicaud, ministre du Travail. "Les choses sont très, très ouvertes" sur le sujet, sachant que les syndicats pressent l'exécutif d'abandonner la réforme qui a durci les conditions pour les chômeurs.

La réflexion sur la réforme de l'assurance-chômage, dont seul le premier volet est entré en vigueur, le second étant reporté en septembre, entre dans le vif des discussions avec les partenaires sociaux. Une concertation doit débuter à partir de la mi-juin, sous l'égide du ministère du travail, pour déterminer les évolutions nécessaires pour tenir compte du contexte de crise. 

Ces discussions permettront de s'accorder sur "les critères ou les mesures à adapter pour tenir compte du contexte" de la crise, de même que sur la date d'application, a-t-on indiqué au ministère du Travail.

Alors que toutes les organisations syndicales réclament l'annulation de cette réforme, "les choses sont très, très ouvertes sur l'assurance-chômage", a précisé le ministère, ce qui laisse suggérer que le durcissement des conditions d'obtention des allocations pour les chômeurs pourrait être assoupli par l'exécutif

Le 2ème volet de la réforme reporté au 1er septembre

Le deuxième volet de cette réforme, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, a déjà été reporté par le gouvernement au 1er septembre 2020 au moment du confinement. Il durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage, ce qui concerne en premier lieu les travailleurs précaires.

Son premier volet est en vigueur depuis novembre, avec un durcissement de l'ouverture des droits (il faut avoir travaillé six mois sur les 24 derniers, contre quatre sur 28 auparavant) et de leur rechargement (passé d'un mois à six mois de travail).

La CFDT, CGT et FO pour l'abandon de la réforme

Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT) et Yves Veyrier (FO) ont indiqué avoir insisté auprès d'Emmanuel Macron sur l'abandon de cette réforme. Le président de la République "n'a rien dit sur le sujet", a dit Philippe Martinez. Pourtant "c'est simple de dire: on annule, on verra plus tard", a-t-il ajouté.

Lors de la réunion, Emmanuel Macron "a dit très clairement qu'il y avait des éléments de la réforme sur lesquels il fallait revenir", a de son côté assuré Laurent Berger (CFDT). "On a compris que la durée d'affiliation était parmi ces éléments. L'affiliation, c'est ce qui frappe de plein fouet de nombreux travailleurs, et particulièrement les jeunes", a-t-il ajouté.

Yves Veyrier (FO), pour sa part, a "compris qu'on pourrait poursuivre plus longtemps la suspension" de certaines dispositions de la réforme.

Frédéric Bergé avec AFP