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"Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", promet Macron

Devant le Congrès réuni ce lundi, le chef de l'État a notamment assuré que les pensions de réversion ne seraient pas supprimées.

À quelques mois d'une réforme des retraites qui s'annonce explosive, "faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur", a dénoncé ce lundi Emmanuel Macron.

"Dès 2019 nous refondrons notre régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières sont hachées, instables, atypiques", ce qui concerne "bien souvent les carrières des femmes", a-t-il déclaré devant le Congrès réuni à Versailles.

"Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", a-t-il affirmé, déclenchant des exclamations dans les rangs des parlementaires.

Les jeunes "ne croient plus au système de retraite"

"Pour la première fois ce qui a été choisi n'a pas été de faire une économie sur les retraités d'aujourd'hui ou ceux qui s'apprêtent à partir à la retraite, mais de refonder un système de retraite juste, unique, transparent, qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de systèmes existants", a insisté le président de la République.

Cette réforme est nécessaire car les jeunes "ne croient plus au système de retraite" et "ne pensent pas que ce système permettra de financer la leur".

"Tout le monde semble oublier que notre système de retraite, auquel je tiens profondément, est un système par redistribution, c'est-à-dire un système reposant sur la solidarité entre générations", a rappelé le chef de l'État, ajoutant que "la retraite n'est pas un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie (mais) ce que les actifs paient pour les retraités".

"Construire l'État providence du XXIe siècle"

La "priorité de l'année qui vient" sera de "construire l'État providence du XXIe siècle", a déclaré Emmanuel Macron, souhaitant un système "émancipateur, universel, efficace" et "responsabilisant".

Alors que "des pans entiers de notre population sont trop peu ou trop mal couverts" par la Sécurité sociale", ou que "nous sommes aujourd'hui laissés seuls face à des risques majeurs comme celui de la perte d'autonomie, des retraites incertaines", la "priorité" est aujourd'hui de construire "un État providence émancipateur, universel, efficace, responsabilisant, c'est-à-dire couvrant davantage, protégeant mieux, s'appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous", a-t-il déclaré.

Y.D. avec AFP