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Réunion européenne sur la gouvernance sur fond de marchés agités

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Les ministres européens des Finances se sont retrouvés à Bruxelles pour réfléchir au renforcement de la gouvernance économique et de la disciplin

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Les ministres européens des Finances se sont retrouvés à Bruxelles pour réfléchir au renforcement de la gouvernance économique et de la disciplin - -

par Emmanuel Jarry et Vincent Chauvet BRUXELLES - Les ministres européens des Finances se sont retrouvés à Bruxelles pour réfléchir au renforcement...

par Emmanuel Jarry et Vincent Chauvet

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres européens des Finances se sont retrouvés à Bruxelles pour réfléchir au renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire des Vingt-Sept sur fond d'agitation des marchés.

Cette première réunion d'un groupe de travail placé sous l'autorité du président stable du Conseil européen, Herman Van Rompuy, n'est pas censée aboutir à des décisions.

L'Allemagne fait le forcing pour imposer à ses partenaires une discipline de fer, afin de préserver l'euro de crises comme celle qu'il traverse actuellement.

Les bourses européennes et américaines, inquiètes des conséquences négatives de la crise de l'euro sur la reprise économique mondiale, ont eu jeudi un nouvel accès de déprime.

La chancelière Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble suggèrent de faire adopter aux pays de la zone euro une stricte règle d'équilibre budgétaire comme celle que l'Allemagne a inscrite dans sa Constitution.

Berlin souhaite durcir le pacte de stabilité et mettre en place de nouvelles sanctions, comme le blocage de subventions européennes ou la suspension des droits de vote au niveau de l'UE pour les pays qui laisseraient trop dériver leurs déficits.

L'Allemagne propose aussi l'instauration d'une procédure de mise en faillite des Etats les plus endettés, qui reviendrait pratiquement à les faire sortir de la zone euro.

Enfin, Berlin recommande une surveillance budgétaire plus stricte des pays membres, par un groupe d'instituts de recherche indépendants ou la Banque centrale européenne.

LAGARDE JUGE LES PROPOSITIONS ALLEMANDES "INTÉRESSANTES"

Wolfgang Schäuble a estimé vendredi qu'il faudrait sans doute envisager de modifier les traités de l'Union européenne.

Interrogée sur les propositions allemandes à son arrivée à Bruxelles, la ministre française de l'Economie Christine Lagarde a simplement dit qu'elle les trouvait "très intéressantes" et qu'elles allaient "dans la bonne direction".

"On va pouvoir en débattre maintenant", a-t-elle ajouté sans dévoiler quelles seraient les propositions françaises.

Pour Paris, l'heure est de toute évidence à minimiser, voire à nier, toute divergence avec Berlin - sans toutefois parvenir à dissimuler des désaccords réels, comme sur la décision allemande d'interdire les ventes dites "à nu" de dette européenne.

"J'ai dit à Angela Merkel qu'il ne peut pas y avoir de désaccord entre l'Allemagne et la France sur des sujets de cette importance", a dit Nicolas Sarkozy jeudi lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre britannique David Cameron.

"Nous n'avons pas de désaccords ensemble", a ajouté le président français, qui avait eu auparavant un entretien téléphonique avec la chancelière allemande.

Nicolas Sarkozy a précisé qu'il avait évoqué avec Angela Merkel le principe de nouvelles sanctions pour les pays qui ne respectent pas le pacte de stabilité et qu'il proposait, lui aussi, une suspension des droits de vote.

CONCLUSIONS DÉFINITIVES EN OCTOBRE

"Il y a un accord total entre la chancelière et moi sur le principe de réfléchir à de nouvelles sanctions", a ajouté le chef de l'Etat, qui a reconnu que le pacte devait évoluer.

"Peut-être plus de critères, plus de transparence pour plus d'efficience", a-t-il expliqué.

Lors de la réunion de vendredi, les 27 délégations doivent essentiellement exposer leurs propositions. La Commission européenne, membre à part entière de la "task force", a pour sa part formulé les siennes le 12 mai

Des propositions inédites semblent avoir surgi lors de la préparation de cette réunion, dont certaines paraissent avoir très peu de chance d'être retenues.

C'est le cas de la mutualisation d'une partie de la dette souveraine des pays qui respecteraient la discipline budgétaire.

Selon une source européenne, une autre proposition réserverait l'accès au Fonds européen de stabilisation financière (FESF), créé pour prévenir la contagion de la crise de la dette grecque, aux pays qui auront au préalable réalisé un effort de remise en ordre de leurs finances.

La question de la nécessité ou non d'une modification du traité européen devrait être laissée ouverte jusqu'à la fin des discussions, ajoute-t-on de même source.

Le groupe de travail doit se réunir de nouveau début juin, pour faire un premier rapport au Conseil européen du 17. Il souhaite rendre ses conclusions définitives en octobre.

Edité par Sophie Louet