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Retraites: Griveaux évoque une transformation des régimes spéciaux "dans les cinq à dix ans"

Benjamin Griveaux ne veut pas une réforme brutale

Benjamin Griveaux ne veut pas une réforme brutale - Bertrand Guay - AFP

Le porte-parole du gouvernement a estimé qu'il n'est pas possible de faire une "réforme violente et unilatérale", précisant par ailleurs que le calendrier n'était pas fixé.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a évoqué dimanche une transformation des régimes spéciaux de retraite "dans les cinq à dix ans", écartant "une réforme violente" mais affirmant qu'il n'y a "pas de dossier tabou" pour l'exécutif.

"Il y a 37 régimes différents de retraite dans notre pays. Emmanuel Macron s'était engagé dans le cadre de la campagne présidentielle à transformer en profondeur, le faire dans les 5 à 10 ans", a rappelé l'ancien porte-parole du candidat à l'Élysée, lors du "Grand Rendez-vous" Europe 1-Les Échos-CNEWS.

"Vous ne pouvez pas faire une réforme violente, unilatérale, sans tenir compte des gens qui ont un plan de vie pour sortir de leur carrière professionnelle, vous ne changez pas les règles à 18 mois, 24 mois de la fin", a insisté Benjamin Griveaux.

Une réforme qui "prendra du temps"

Il y a quelques jours, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait affirmé que la prochaine réforme des retraites "prendra du temps" et qu'elle ne voulait pas "se laisser enfermer dans un calendrier" qui n'était par ailleurs "pas fixé".

Les consultations des partenaires sociaux sur la réforme, pilotée par le Haut-Commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye, viennent de commencer.

Selon Benjamin Griveaux, Jean-Paul Delevoye est "un homme respecté à la fois du monde politique, du monde syndical et du monde des entreprises". "Laissez ces discussions se faire", a-t-il plaidé.

"Dossiers explosifs"

À ses yeux, "il n'y a que des dossiers explosifs, on peut décider de ne se saisir d'aucun dossier et faire en sorte que le pays fasse les mêmes choses que les non-choix qui ont été faits depuis 30 ans", mais "nous, on assume de dire qu'il n'y a pas de dossier tabou".

Et de lancer: "Il y a des dossiers qui permettent, s'ils sont réglés, de faire en sorte que le pays aille mieux."

Le candidat Macron avait promis de créer un système universel de retraites par répartition, où un euro cotisé garantirait à tous les mêmes droits à pension. Selon son programme, la réforme ne devait commencer à s'appliquer qu'au cours de la législature suivante, soit à partir de 2022.

"Nécessité de faire monter en gamme les salariés"

Dans cette même interview, le porte-parole a été invité à réagir à la délocalisation des activités comptabilité et contrôle de Castorama en Pologne. Refusant de "commenter le choix d'une entreprise privée", il a en revanche considéré que cette délocalisation illustrait la nécessité de "faire monter en gamme les salariés dans leurs compétences".

J.M. avec AFP