BFM Business

Relative détente sur les marchés en Europe, l'euro se stabilise

A la Bourse de Francfort, mardi. Les marchés financiers européens bénéficient mardi d'une relative détente qui favorise le rebond des Bourses et la stabilisation de l'euro après la réunion de l'Eurogroupe, nouvelle étape vers l'adoption définitive du plan

A la Bourse de Francfort, mardi. Les marchés financiers européens bénéficient mardi d'une relative détente qui favorise le rebond des Bourses et la stabilisation de l'euro après la réunion de l'Eurogroupe, nouvelle étape vers l'adoption définitive du plan - -

par Claire Milhench LONDRES/BRUXELLES - Les marchés financiers européens bénéficient mardi d'une relative détente qui favorise le rebond des Bourses...

par Claire Milhench et Manuela Badawy

LONDRES/BRUXELLES (Reuters) - Les marchés financiers européens se sont détendus mardi, favorisant le rebond des Bourses et la stabilisation de l'euro, après la réunion de l'Eurogroupe, nouvelle étape vers l'adoption définitive du plan de stabilisation de 750 milliards d'euros annoncé la semaine dernière.

Les ministres des Finances de la zone euro ont exprimé lundi soir leur espoir de parvenir prochainement à un accord sur les modalités de mise en oeuvre de ce plan massif.

Le Bundestag se prononcera vendredi sur la question tandis que le Parlement français en débattra le 31 mai. et

La Grèce a reçu mardi 14,5 milliards d'euros d'aide de l'Union, qui lui permettront de rembourser un emprunt de 8,5 milliards arrivant à échéance mercredi, a-t-on appris de sources officielles.

Le rebond est toutefois resté limité aux marché, comme le montrent les difficultés de l'euro à repasser franchement le seuil de 1,24 dollar après le plus bas de quatre ans touché lundi à 1,2234. La monnaie européenne évoluait à 1,2359 à 16h30 GMT.

L'EURO SOUS PRESSION

Même si la baisse marquée et rapide des dernières semaines crée les conditions d'un rebond, l'euro devrait rester sous pression en raison des inquiétudes liées aux mesures d'austérité qui se multiplient dans la région et à leur impact sur la croissance.

"Nous pensons que le léger mieux sur le front de l'euro représente une opportunité de vendre, la monnaie européenne sera bientôt affectée par les mesures d'austérité dans certains pays et les garanties qui proviendront d'autres pays; pas vraiment la meilleure recette pour avoir une économie régionale florissante, et/ou une monnaie forte", a commenté T.J. Marta, stratège en chef de Marta on the Markets LLC.

Du côté des actions, l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 a gagné 1,37%. La Bourse de Paris s'est adjugée 2,08%, Francfort 1,47%, Madrid 3,68%, tandis qu'Athènes a abandonné 0,38%.

"Je considère davantage ces gains comme une pause plutôt que comme le démarrage d'une tendance à la hausse. Le marché a lentement mais sûrement réalisé que les problèmes de l'Europe sont relativement sévères", a jugé Philippe Gijsel, directeur de recherche de BNP Paribas Fortis Global Markets.

NOUVEL ÉQUILIBRE

Sur le marché obligataire, la tendance était à l'apaisement, les investisseurs étant rassurés par le rachat d'obligations émises par des pays périphériques de la zone euro.

Ces opérations ont favorisé un rétrécissement des spreads entre les taux de ces emprunts et ceux des Bunds allemands.

La Banque centrale européenne s'est dite assiégée par les banques commerciales qui souhaitent déposer des fonds visant à neutraliser les achats de dette publique lancés la semaine dernière.

La BCE a précisé que 223 banques avaient offert de déposer un montant total de 162,74 milliards d'euros au cours de la semaine prochaine, soit près de dix fois les 16,5 milliards d'euros de rachats réalisés la semaine dernière.

Les propos d'Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, selon lequel tous les pays n'ont pas besoin d'accélérer la réduction de leurs déficits, ont également soutenu cette tendance.

"Il est important que tout le monde n'accélère pas la consolidation (budgétaire) de manière uniforme: cela risquerait de peser sur la croissance économique et de compromettre la reprise en cours", a-t-il expliqué à Bruxelles avant la réunion de l'Ecofin qui réunit les ministres des Finances des Vingt-Sept.

La demande pour les Bunds ne s'est pas démentie au cours de la séance en raison de la publication de l'indice Zew montrant que le moral des analystes et des investisseurs allemands a reculé davantage qu'attendu en mai.

"Les marchés se cherchent. On tente de trouver un nouvel équilibre", a expliqué Kenneth Broux, économiste de Lloyds TSB.

"Il y a d'un côté ces inquiétudes sur la dette souveraine, de l'autre le scénario de la croissance."

Marc Angrand et Nicolas Delame pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic