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Réforme des retraites : pour Raymond Soubie, "la question de la gouvernance est centrale"

La fixation de la valeur du point dans le futur système de retraites est une question fondamentale pour Raymond Soubie, l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, invité de BFM Business.

Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, était l'invité de l'émission 12H L'heure H sur BFM Business. Il est revenu sur la prochaine réforme des retraites et a notamment évoqué la question de la fixation de la valeur du "point" dans le futur système précisé jeudi par Matignon, source d'inquiétudes pour les syndicats.

"Jean-Paul Delevoye a dit dans son rapport qu'il fallait indexer la valeur du point sur les salaires. Mais a priori rien ne dit que c'est suffisant, puisque les déficits dépendent (…) du rapport actifs/inactifs et (…) surtout de la conjoncture. Quel va être le taux de croissance? Les prévisions du Cor (Conseil d’orientation des retraites, ndlr) à dix ans, vingt ans" sont établies "sur la croissance des revenus d'activité" souligne Raymond Soubie. Une approche sujette à caution puisqu'on peut difficilement prédire l'avenir. Et de préciser que, dans tous les cas, "il faudra ajuster la valeur du point pour maintenir l'équilibre du système."

Système suédois

Raymond Soubie rappelle que le système suédois créé après la crise financière de 2007 et dont s'inspire directement la réforme d'Emmanuel Macron s'est effondré. "Le gouvernement suédois a dû le débrancher" insiste-t-il. Pour cet expert des questions sociales, "la question de la gouvernance, de qui décide des paramètres, est un sujet central. Les partenaires sociaux ou l'Etat. "La France étant la France, à la fin des fins, je pense que ce sera l'Etat", avance-t-il.

"Dans les régimes complémentaires de retraites aujourd'hui du secteur privé, le régime Agirc-Arrco est géré, décidé par les partenaires sociaux (…). Ils ont plutôt bien réussi (…) et ce n'est pas endetté", observe néanmoins l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy.

J. B.